vendredi 30 mars 2007

But how small we are...

Hier soir, je trifouillais dans mes vieux CDs et je suis tombée sur l'album du premier groupe que j'ai vu en concert à l'Élysée Montmartre: K's Choice. Un groupe de pop-folk un peu niais. Avec ma copine Delphine, on aimait bien la voix cassée de la chanteuse blonde et sa guitare sèche. J'ai mis le CD dans ma chaîne, sorti le livret avec les paroles et je me suis souvenue de mes 15 ans. Je me suis surprise adossée à ma bibliothèque rêvant d'un mois de mars qui aurait pu être plus ensoleillé.

Alors, lancée dans une sorte de nostalgie adolescente, j'ai ressorti mon vieux classeur poussiéreux dans lequel je garde mes vieilles chansons (écrites à la bougie avec mon waterman alors que je pleurais un certain Sylvain). Des paroles niaises qui dénotaient déjà d'un certain goût pour le romantique: grands sentiments et larmes de crocodile. J'aurais trop honte de montrer aujourd'hui ces chansons vieilles de 10 ans, mais l'une d'elle ressemblait beaucoup à "20 000 seconds" de K's Choice, que justement j'écoutais hier soir.


"20,000 Seconds"

20,000 seconds since you've left and I'm still counting
And 20,000 reasons to get up, get something done
But I'm still waiting
Is someone kind enough to
Pick me up and give me food, assure me that the world is good
But you should be here, you should be here

How colors can change and even the texture of the rain
And what's that ugly little stain on the bathroom floor
I'd rather not deal with that right now
I'd rather be floating in space somewhere or
Worry about the ozone layer

And it's almost like a corny movie scene
But I'm out of frame and the lighting's bad
And the music has no theme
And we're all so strong when nothing's wrong
And the world is at our feet
But how small we are when our love is far away
And all you need is you

jeudi 29 mars 2007

Pour les coeurs esseulés

"Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels; toutes les femmes sont perfides, arrtificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées; le monde n'est qu'un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière, et on se dit: J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois; mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice crée par mon orgueil et mon ennui."


Alfred de Musset, "On ne badine pas avec l'amour". Acte II scène V.

mardi 27 mars 2007

Dur dur d'être portugais

Les spectateurs de la chaîne RTP1 (clone de TF1 (en pire)) viennent d'élire Salazar "portugais de tous les temps"...c'est comme si nous en France nous avions choisi Pétain. Autant dire que la démocratie a des soucis à se faire...

"Vergonha", en portugais, c'est la Honte, dans ce qu'elle a de plus ignoble. J'en ai presque envie de pleurer.

Hier, la RTP, la chaîne de télévision publique, a diffusé une émission où les portugais devaient élire "le plus grands portugais de tous les temps".

Vainqueur avec plus de 40% des voix, Antonio Oliveira Salazar, économiste et dictateur du Portugal de 1932 à sa mort en 1968, ami de Franco, soutien de Mussolini et Hitler, est l'illustre personne qui a permis au Portugal d'avoir trente ans de retard sur la plupart des pays d'Europe grâce à une dictature qui s'appuyait sur le Clergé Catholique et les grands propriétaires...
Armeur H

la suite de ce papier sur: Alice Rabbit

lundi 26 mars 2007

Sex and the City

Éternel et canonique sujet: la sortie du samedi soir.
Deux copines célibataires, khôl et brillant à lèvres se rendaient dans le 11e arrondissement pour assister à une soirée dans une cave à l'occasion d'un triple anniversaire et pour se faire une gorgée de champagne gratis.
Parce qu'arriver trop tôt à une soirée ne fait pas parti de la bonne marche à suivre, les deux parisiennes se sont arrêtées boire un verre dans un spot branché de la rue Amelot. Alors que l'une finissait sa pomme sur le trottoir, l'autre grelotait.
C'est ainsi qu'elles se firent approcher par un type de grande taille vêtu d'une veste beige et d'un sens de l'humour particulier mais pour le moment assez léger.
Elles rentrèrent dans le pop'in, s'installèrent sous le néon rouge et commandèrent un verre, l'oeil brillant et alerte...

Le type s'approcha alors avec son pote Marcus et se lança dans une logorrhée dithyrambique ponctuée de petites caresses éparses sur le dos; sur les épaules et sur les bras, s'offrant ainsi une intimité quelque fois outrageuse.
Les deux filles ont alors tout entendu: que leur charme prussien se logeait au-delà de tout paradis perdu, que leurs yeux petillants se jouaient des étoiles.
45 minutes plus tard et deux verres de plus, les types ne ressemblaient plus qu'à des trentenaires mal habillés, insistants mais flatteurs. Le lot quotidien de Carrie, Miranda, Samantha et Charlotte, qui elles au moins, ont le droit à de beaux et riches new yorkais.
Alors que nous, même "avec nos yeux de biche" et nos "sourires irrésistibles" on frôle avec le mauvais plan à l'haleine mentos.

samedi 24 mars 2007

La paix à 6H37, le 13 mars



Le 13 mars, j'ai bu mes oranges pressées sur mon balcon. J'ai vu le soleil se lever, j'ai regardé une à une les fenêtres encore plongées dans l'obscurité rassurante de la nuit. J'ai pris mon mini-canon et j'ai immortalisé le moment.
Pour des millions de personnes ce mardi là était un mardi comme les autres; pour 4500 étudiants en France c'était un grand jour. Pour moi aussi.
Le calme était vraiment palpable, c'était rassurant de ne voir aucune voiture passer dans la rue, rassurant de voir le soleil irradier la ville endormie, rassurant d'avoir l'esprit vide, de se savoir concentrée.
Les photos existent pour nous aider à ne jamais oublier, je ne pense pas que je pourrais oublier les rayons de soleil et la fraîcheur qui carressaient mon visage ce matin-là, comme dirait Air.

vendredi 23 mars 2007

J'adore simplement Jack

Just Jack
Jack Allsopp est un jeune chanteur Londonien de Trip-hop.
Équipé de deux magnétophones, il produit son premier album The outer maker en 2002. Aujourd'hui, chez Mercury Records, il signe Overtones son nouvel album et cartonne grâce au tube Writer's Block que vous avez sûrement déjà entendu lors du générique du Grand journal de Canal+ ou de la bande annonce du printemps du cinéma.

son myspace

Un son différent et légèrement psychédélique; en gros: un beastie boy juste un peu édulcoré mais beaucoup plus mélodique!

lundi 19 mars 2007

Karma Coma

La période post-concours sonne le glas d'un certain entrain, d'un certain dynamisme, d'un certain mode de vie. Besoin de rien, envie de rien. Après des heures à bosser, à lire, à écrire, à réflechir: on a envie de laisser son corps flotter dans l'air et de faire des nuages avec du coton comme chez Gondry.
Mais surtout envie de rien.
Ni manger, ni boire, ni rire, ni lire, ni bosser: rattraper les heures perdues à dormir dans son lit entouré de coussins. Mater la télé enroulé dans sa couette. Repérer les allitérations dans les bruits de la douche plutôt que dans Flaubert. Attendre le 11 mai.

Il y a ceux qui gardent la tête hors de l'eau et se replonge dans la grammaire une fois la maison des examens à moins de 20 minutes.
Il y a ceux qui profitent pour aller danser, boire et rire avec les amis mis entre parenthèses depuis décembre.
Il y a ceux qui pénétrent dans une douce léthargie, de celle qui ressemble à s'en méprendre au spleen Baudelairien.

Enfin, d'autres regardent le train passer, comme moi.

mercredi 14 mars 2007

Et celui d'aujourd'hui...

Les chercheuses de poux

Quand le front de l'enfant, plein de rouges tourmentes,
Implore l'essaim blanc des rêves indistincts,
Il vient près de son lit deux grandes soeurs charmantes
Avec de frêles doigts aux ongles argentins.

Elles assoient l'enfant auprès d'une croisée
Grande ouverte où l'air bleu baigne un fouillis de fleurs,
Et dans ses lourds cheveux où tombe la rosée
Promènent leurs doigts fins, terribles et charmeurs.

Il écoute chanter leurs haleines craintives
Qui fleurent de longs miels végétaux et rosés
Et qu'interrompt parfois un sifflement, salives
Reprises sur la lèvre ou désirs de baisers.

Il entend leurs cils noirs battant sous les silences
Parfumés ; et leurs doigts électriques et doux
Font crépiter parmi ses grises indolences
Sous leurs ongles royaux la mort des petits poux.

Voilà que monte en lui le vin de la Paresse,
Soupirs d'harmonica qui pourrait délirer ;
L'enfant se sent, selon la lenteur des caresses,
Sourdre et mourir sans cesse un désir de pleurer.

Arthur Rimbaud


- Etudier les mots "terribles", "indolences"
- Etudier les formes verbales de l'infinitif et du participe
- Faites toutes les remarques nécessaire sur "Il vient près de son lit deux grandes soeurs charmantes"
- Faites un commentaire stylistique

vous avez 2H30...

( et oui c'est un marathon...)

mardi 13 mars 2007

Le sujet!

" Un livre qui m’a séduit est comme une femme qui me fait tomber sous le charme : au diable ses ancêtres, son lieu de naissance, son milieu, ses relations, son éducation, ses amies d’enfance ! Ce que j’attends seulement de votre entretien critique, c’est l’inflexion de voix juste qui me fera sentir que vous êtes amoureux, et amoureux de la même manière que moi : je n’ai besoin que de la confirmation et de l’orgueil que procure à l’amoureux l’amour parallèle et lucide d’un tiers bien disant."

Vous avez 6 heures

dimanche 11 mars 2007

Les vendredis 13 sont aussi des mardis

Les jours fondent avec le soleil pré-printanier.
Aujourd'hui dimanche, deux jours me séparent du concours du Capes et de ses 15 heures d'épreuves écrites.
980 places au final.

Alors qu'on touche des doigts la maison des examens de Créteil, les doutes ne se dissipent pas. On a peur, on a froid, on a mal au ventre, on se choppe un rhume la semaine avant, on culpabilise de dormir, on espère finir sa page avant que la cloche de la bibliothèque ne sonne, on se retient d'aller aux toilettes pendant 45 min pour éviter de perdre du temps, on ne perd pas une seconde dans les transports en commun. On pense épithètes, dérivation suffixale, subordonnées périphrastiques... On se couche avec Barthes et on se lève avec Jakobson. On rêve de Madame Bovary et on cuisine pour Frédéric Moreau.
Les rues nous font penser à des relatives, les avenues à des régissantes, on analyse les sloggans dans le métro, on se rappelle les conjugaisons du verbe 'estre" et "cuidier" au futur II en ancien fançais en faisant la vaisselle.
On a la tête qui explose, on a l'impression qu'on ne sait rien, on a l'impression qu'on mélange tout, on est effrayé par la page blanche, on a le sentiment d'avoir été aux Antilles pendant les six mois de préparation.
On n'est jamais prêt, on n' est jamais confiant. On n'est jamais sûr de soi, on n'est jamais tranquille.
On a envie de pleurer, on a envie de crier, on a enfin envie de souffler.

Deux jours ... ce ne sont que 48 heures qui vous rapproche de l'enfer de Dante.
On espère que le souffle des Dieux nous guidera jusqu'à l'Olympe et on n'est vraiment pas sûr de ça.
Mais on est fière de soi, et je suis fière de moi.

Le mercredi 14 sera peut-être le dernier jour de ma vie où j'entendrais parler de la langue française du XIIIe siècle.

Rien n'est moins sûr mais y croire c'est peut-être quelque part déjà réussir.

Alors vous savez ce qu'il vous reste à faire mardi prochain. Moi, je ne sais pas encore.

jeudi 8 mars 2007

Journée de la femme



" Il s'était tant de fois entendu dire ces choses, qu'elles n'avaient pour lui rien d'original. Emma ressemblait à toutes les maîtresses ; et le charme de la nouveauté, peu à peu tombant comme un vêtement, laissait voir à nu l'éternelle monotonie de la passion, qui a toujours les mêmes formes et le même langage."

Madame Bovary, Gustave Flaubert
deuxième partie, Chapitre 12

dimanche 4 mars 2007

En lisant Maupassant

Je relisais la célèbre préface de "Pierre et Jean" de Maupassant et je me suis rendue compte qu'alors qu'il parlait du métier de critique littéraire, il cernait très bien les attentes féminines en matière d'amour:

- Consolez-moi
- Amusez-moi
- Attristez-moi
- Attendrissez-moi
- Faites-moi rêver
- Faites-moi rire
- Faites moi frémir
- Faites-moi pleurer
- Faites-moi penser


Voilà, une fois que vous avez compris ça, vous pouvez vivre en paix avec notre copine, épouse, amante, femme...
C'est simple, non?
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...