samedi 29 septembre 2007

Tirelire

Je suis une fille déraisonnable. Quand j'ai envie de craquer pour un mi-cuit au chocolat, je fonds. Quand j'ai envie de parler, je cause et quand j'ai envie de quelque chose, je fais tout pour l'obtenir.

En ce moment, c'est le cas de bottes Chie Mihara qui m'obsèdent depuis que je les ai vues dans la vitrine d'American Retro. Sauf que voilà, du cuir qui vaut 290 €, ça fait mal au portefeuille. Biensûr c'est cher pour des godasses, biensûr c'est hors de prix pour mes pieds, mais qu'importe? Elles me plaisent, me ravissent, me font rêver et il faut bien se faire plaisir, non?

Alors je me suis lancée un incroyable défi: celui d'économiser 20€ min par semaine. Là, je suis à 110 € et je suis fière de moi.


Prochain défi tirelire: Mon Pass Navigoo. (...) Follement moins sexy, c'est vrai! Mais il faut bien se télétransporter dans cette ville.

vendredi 28 septembre 2007

Sacrée Martine !

Je suis abonnée depuis des lustres à la newsletter de _goldrush et à chaque fois que je la reçois je me marre pendant des heures tellement qu'ils sont cons chez _goldrush et à chaque fois je me dis que je devrais mettre un billet sur PC ... Voici donc ( enfin) un extrait de la dernière en date. Si vous voulez vous inscrire c'est ici: lola@goldrushcrew.com.



jeudi 27 septembre 2007

Vichy, c'est fini!


Le Sénat a supprimé la proposition pourrie de Brice Hortefeux qui voulait que l’on pratique des tests ADN lors de regroupements familiaux. Je lâche un Merci soulagé aux sénateurs qui se battent au milieu de leur petit jardin privatif pour les droits de l’homme, pour que l’on foutte la paix aux immigrés et pour que l’on respecte un peu son prochain.

Quelques petits français luttent contre la « vichysation » de notre pays et c’est beau à voir. Même si cela semble de plus en plus rare…
Maintenant va falloir aussi arrêter de pousser à la délation. Un de mes potes me racontait l’autre jour que lorsqu’il était allé porter plainte contre X au commissariat du coin pour le vol de son portefeuille, il avait entendu et croisé un type qui venait dénoncer la situation irrégulière de son ex-copine colombienne.
Le mec furax d’avoir été plaqué avait trouvé là une bien laide manière de se venger.

Il y a quelque chose de pourri au royaume de Sarko…

mercredi 26 septembre 2007

une voix dans la nuit...

Il y a plusieurs jours de cela, en plein milieu de la nuit mon téléphone a sonné. Il était genre 4h du mat. Le temps d'entendre la sonnerie, de décoller mes paupières, et de me lever, la personne à l'autre bout du fil était déjà sur mon répondeur. On s'inquiète toujours un peu quand ça sonne au beau milieu de la nuit mais bon là, j'étais encore un peu trop embrumée pour connecter mes neurones entre eux.

Bonjour vous êtes sur le répondeur d'Elsa, je ne suis pas là pour le moment, laissez un message...
Une voix masculine et râpeuse s'imprime sur la bande. T'es pas là... (soupirs) bah (râclement de gorge) tu vas voir ce que tu vas prendre... quand tu vas rentrer... (soupirs) bip bip bip...

J'ai un peu flippé, j'avoue. Pas trop compris d'où cette voix d'ours sortait... non plus.
D'ailleurs, heureusement que je n'étais pas seule cette nuit-là et qu'il n'a jamais rappelé...

mardi 25 septembre 2007

Le capes : le retour

Ce matin, je suis de mauvais poil. Comme le lapin d’Alice au pays des Merveilles, je me suis levée tard, j’ai fait une tâche avec mon blush sur ma chemise, j’ai (encore) été coincée 20 min dans mon ascenseur fou … et comme si ça ne suffisait pas mon métro a été bloqué 10 min sous un tunnel. Claustrophobe du monde entier, compatissez!


Toujours est-il que dans moins d’une semaine, je reprends mon cartable et le chemin de la Sorbonne. 20 heures de cours réparties sur 2 jours et demi… 8 h de cours de dissertation, 3 sur l’ancien français et le reste en grammaire. Vive 2008 ! C’est tellement sexy de bosser sur Le Roman de Renart que je sens que je vais encore grapiller quelques points sur le baromètre de la branchitude parisienne.

Mais bonne nouvelle qui crève le ciel gris : j’ai été recrutée par un magazine pour écrire des articles sur des jeunes talents : art, mode, etc. Alors si vous en connaissez ou si vous en êtes, n’hésitez pas à me contacter !

lundi 24 septembre 2007

avec un aigle sur le dos


Je rentrais chez moi samedi soir sur mon vélo noir à stickers. Je sifflotais sur du Miss Kittin, le cœur ouvert à l’inconnu…

Je descends le boulevard raspail, zieute la Fondation Cartier de nuit et m’engage dans le carrefour Vavin avec précaution mais de manière décidée : je le connais depuis 25 ans ce carrefour. Parce que j’ai quand même eu mon permis, je connais la question de la priorité à droite et donc je m’arrête quand c’est le cas. Sauf que j’allais un peu vite et que l’automobiliste a eu peur que je ne m’arrête pas. Évidemment, en agglo, il n’est pas non plus obligé de conduire à 60km/h et de serrer autant à gauche m’enfin… Il me klaxonne avec ses copains imbibés et m’engueule ( je pige pas trop pourquoi … ) mais je poursuis mon chemin. Avez-vous déjà remarqué que ce sont ceux qui sont en tort qui vous crient dessus le plus fort ?
Je m’engage sur le boulevard montparnasse et là chose assez inédite, le conducteur du bus qui me suivait s’engage sur ma gauche ouvre sa porte et commence à me parler…
Mademoiselle, vous devriez mettre vos feux. On ne vous voit pas assez, et c’est bien dommage… C’est vrai, j’ai eu la flemme de mettre ma dynamo et pis il faisait presque encore jour quand je suis partie. Je m’exécute. ( Mais c’est aussi dangereux de parler en conduisant, monsieuuur…)
On s’arrête au feu rouge, je passe devant pour éviter de m’engoudronner les poumons. Il me sourit avec un air niais. Je soupire dans mes pensées. Et 200 mètres plus loin, il me klaxonne et ouvre sa fenêtre. Votre pneu arrière est dégonflé aussi, jeune fille…
Oui je sais, faut que je le regonfle Merci. Et vous allez loin comme ça ?
Tu vas me lâcher bordel ? Tu vois pas que j’écoute du P. Diddy là ?

Arrivée dans ma rue, je suis descendue de mon vélo et j’ai continué à pied. Un peu dégoûtée.

dimanche 23 septembre 2007

Deviens ce que tu es

Parce qu'on oublie trop souvent ses rêves sur le bord de l'autoroute ...


Spécial merci à Marc pour cette superbe vidéo !

vendredi 21 septembre 2007

Paris, je t'aime


Hier soir pour rentrer du boulot, j'ai pris la ligne 6. Pour les non-parisiens, la ligne 6 est aérienne sur plus de 2/3 et coupe la capitale dans sa largeur de l'Étoile à la Nation. J'ai ainsi traversé la Seine de l'ouest pour regagner mes quartiers. Une petite vingtaine de minutes dans les airs.

Collée à la fenêtre, je regardais le paysage: Paris plongeant ses doigts dans la nuit. Le ciel était rose, les nuages perdus entre le bleu et le blanc. Mon heure préférée de la journée.
L'ipod sur du Sigur Ros, je passe au dessus du fleuve et devant la Tour Eiffel. Une longue brune habillée de dentelle, celle que je préfère. Mes yeux ont du s'illuminer puisque ma voisine s'est penchée pour regarder sur ce quoi je scotchais. Elle a esquissé un sourire et une exclamation "C'est magnifique, Paris. N'est-ce-pas!"

Oui, c'est magnifique. Et c'est sûr, j'en suis complètement dingue.



© photosparis.fr

jeudi 20 septembre 2007

L’homme idéal selon Pink Chantiers

Ra7or proposait sa femme idéale il y a quelques temps. Je vous propose le mien, d'homme idéal.

Il est brun avec de grands yeux qui me font fondre
Il a la peau toute douce et pas des poils partout partout
Il a des petits grains de beauté
Il aime faire des chatouilles le matin en se réveillant et ronronne contre mon oreille avant de s’endormir
Il n’est pas avare en câlins sans être étouffant …
Il plaît aux autres filles mais pas trop non plus
Il aime mes copines mais pas trop non plus
Il refuse de porter des mocassins même dans les grandes occasions
Il adore les douches chaudes et les voyages à l’autre bout du monde
Il m’accompagne au théâtre voir des performances flamandes sans râler, sans s’endormir et sans rouspéter
Il me rend belle
Il rigole à mes blagues même les plus pourries
Il est adepte des jeux de mots en toutes occasions
Il a plusieurs cordes à son arc
ll n’aime pas les blondes et les filles en plastique
Il garde ce qu’il faut de mystère, même si c’est agaçant
Il est incroyablement sexy quand il sourit
Il n’aime pas Sarkozy
Il ne me prive pas de dessert
Il me comprend même quand je ne me comprends pas
Il sait être élitiste sans être ni pédant ni prétentieux
Il n’est pas pendu à son téléphone, mais répond à mes sms
Il aime danser dans le silence
Il ne pense pas comme tout le monde
Il aime rester sous la couette le dimanche matin même jusqu’à 15h
Il a un grain ( plusieurs d’ailleurs )

Il est magique ...

mercredi 19 septembre 2007

Les 5 raisons pour lesquelles, je blogue


Val n'a pas pu échapper à la chaîne qui circule en ce moment sur blog-land. Dans un esprit de solidarité profonde et pour éviter d'avoir à raconter mon trajet de métro de ce matin ( mon vélo est de repos tant que mes nuits ne dépassent pas 4h de sommeil), je m'exécute.

1 / Parce que j'adore écrire et puisque mon boulot de journaliste est un bâteau à la dérive, c'est un bon moyen de garder le cap.

2/ C'est plus excitant que de s'énerver sur de l'Ancien Français et en prime je peux vomir ma haine sarkozienne et me faire insulter par les petits soldats de l'UMP. C'est fun, ça me fait rigoler.

3/ Ca impressionne les garçons dans les soirées. "Ah ouais t'as un blog? tu parles de cul? " Non, non.

4/ C'est un bon moyen de draguer par l'esprit. Bon ok, je n'ai toujours pas reçu de mails enflammés en 2 ans mais ça peut arriver.

5 / Quand je ne fais rien le dimanche soir, je relis mes vieux billets et j'ai la larme à l'oeil... ou pas.


la vraie raison, tout le monde la connaît, c'est que je suis une narcissique chronique.

mardi 18 septembre 2007

À cause des garçons

Franchement, qui faut-il croire?

Les mecs qui vous affirment qu'ils préfèrent les brunes et qui roulent des pelles à des blondes une fois que vous avez le dos tourné?

Les mecs qui vous draguent alors qu'ils sont casés jusqu'à l'annulaire?

Les mecs qui disent préférer les femmes volupteuses et fantasment sur Keira et Kate?

Les mecs qui vous disent que vous êtes la plus belle, la plus intelligente, la plus sexy ( ou presque ) ?

Les mecs qui vous affirment qu'ils vous rappellent ce soir, c'est promis.


lundi 17 septembre 2007

Claustrophobia

C'est le matin. Je soulève mes paupières, maudis mon réveil, décolle ma tête de l'oreiller. Les yeux presque fermés je croque une tartine... 20 minutes plus tard, coiffée, maquillée et le jean vissé aux hanches, je claque la porte de mon appart.

J'attends l'ascenseur. Il monte jusqu'au 14ème étage pour venir me chercher puis nous redescendons tranquille avec un arrêt au 4 ème pour prendre une de mes voisines ( une grande brune quinqua aux yeux bleus ). Arrivées à destination, la porte se bloque et l'ascenseur remonte quelques étages. 5 ème la porte reste fermée. 11 ème la porte reste fermée, 6 ème la porte reste toujours fermée. Au 7 ème étage, l'ascenseur stationne et nous voilà à 8h20 coincée dans 2m2 à plus de 15 mètres du sol. Suspendues dans le vide.

ça, c'est du réveil sympa comme je les aime.

Il fait chaud et étouffant, on appelle OTIS, on s'assoit au fond de la cabine, on attend.
Je remercie silencieusement ma bonne fée de m'avoir casée avec une bonne femme qui sent pas mauvais et qui reste calme.
On ne cède pas à la panique, le mec à l'autre bout du fil nous explique qu'il ne faut rien toucher et qu'ils arrivent pour nous libérer. Ma voisine décompresse en me parlant de sa fille, de ses hobbies, des réunions de co-proprio. On attend.

40 minutes plus tard, l'ascenseur repart. Je lis une légère angoisse dans le regard azur de ma voisine lorsque la cabine se met à frémir.
Arrivées au RDC, le mec n'est même pas beau et je file bosser.
( purée, pour une fois que j'allais arriver à l'heure ... )

dimanche 16 septembre 2007

Y

J'adore Yelle.
Happy Tecktonik.

Et ça tombe bien parce qu'en sortant de la BPI (Bibliothèque Publique d'Information) je suis tombée sur la Techno Parade et sur le char des petits gars en fluo.

Pour récupérer ma bike que j'avais garée sans le vouloir en plein passage (ouf, still there) , j'ai dû secouer des bras et croquer quelques confettis.
Que c'est bon de pouvoir danser en plein jour et au beau milieu de la rue... Surtout quand on sort de 4h concentrées sur les pronoms clitiques et autres petits bonheurs grammairistiques.
Bon pas le temps de rester dans le défilé, direction Villepinte.
Tant pis, je mettrai Yelle à fond dans mon ipod et je danserai entre mes neurones.



samedi 15 septembre 2007

Je passe le temps en chantant / je chante pour passer le temps


Le temps a passé.

5 mai 2007
Le temps passe et je suis toujours au même endroit.
j'ai beau chasser les idées noires à coup de ciné, de lecture et autres voyages: elles sont toujours au centre de tout, au centre de mes pensées.
Je ne sais plus trop vers quoi me tourner. Faire éclater la tristesse et sombrer. Intérioriser et risque de m'abîmer.
Je dois rester dans le silence, et ce silence me coûte.
Le courage que j'ai, je le puise dans des forces qui parfois me sont étrangères.
Découvre-t-il une partie pour en renforcer une autre?

Le temps est au centre de tout. Attendre, espérer, croire.
Faire le deuil.

14 septembre 2007
On ne croit jamais que la blessure se cicatrise et pourtant, chaque jour, elle est plus petite encore.
Un matin, on se réveille et on la cherche...
Mais avant de disparaître, une petite douleur pique et nous énerve. Elle nous rappelle son existence pour que la prochaine fois perdu dans l'extase, on n'oublie pas de se protéger. Les coudes, les genoux, les artères et tout ce qui fait un angle avec notre coeur.


Je passe le temps en chantant / je chante pour passer le temps
© Aragon, Le Roman inachevé


vendredi 14 septembre 2007

ça ira quand même

Benoît Lambert est un jeune metteur en scène sexy et intelligent que j'ai découvert, il y a quelques années, avec ma bande de théâtreux pendant le festival Frictions à Dijon. Un théâtre de questionnement pour transcender nos petites existences.
Comment agir, comment participer activement à l’évolution du monde dans le fonctionnement actuel de notre société ?
Pourquoi malgré la liberté de penser et d’expression que nous avons effectivement, la nouvelle génération politique se perd dans une période où l’engagement peut parfois faire envie mais ne fait que très rarement acte ?

Notre Benoît a signé pour la saison 2007-2008 un édito très engagé pour le Théâtre du Granit et a ainsi provoqué un petit séisme dans le monde politico-théâtral. L'incompétente ministre que l'on se tape a crié au scandale et ça me fait bien rire de la voir faire exactement ce qu'elle se défend de faire et ce dont Benoît l'accuse. L'édito est passionnant, le voici:

L'ÉDITO

Cher Henri [Henri Taquet, directeur du Théâtre du Granit],
Je t'écris un peu en catastrophe, mais je ne m'en sors pas avec l'éditorial pour la plaquette du Granit. Nous sommes le 31 mai, Élise [Elise Ruysschaert, secrétaire générale du théâtre] m'a demandé le texte pour le 5 juin, et je suis totalement bloqué.
J'ai essayé plein de trucs, y'a rien qui va. Le problème, évidemment, c'est l'élection de Sarkozy. Je t'avais dit que je voulais attendre le résultat, parce qu'il influerait certainement sur ce que j'aurais à dire. Et aujourd'hui encore, ça me semble totalement impossible de ne pas en parler, ou de parler d'autre chose, ou de faire comme s'il ne s'était rien passé. Mais en même temps, je dois me rendre à l'évidence : cet événement, pour l'instant, je n'ai rien à en dire. Alors on peut penser : c'est le choc, la détresse, l'émotion blabla. Mais ce n'est même pas ça. C'est juste que c'est trop tôt pour avoir quelque chose à dire.
Et donc, assumer une tribune publique, aussi confidentielle soit-elle (on ne va pas se raconter d'histoires), dans ce moment précis, c'est impossible pour moi. Tu te souviens du texte de Deleuze dans Ça ira quand même : «La bêtise n'est jamais muette, ni aveugle. Si bien que le problème n'est plus de faire que les gens s'expriment, mais de leur ménager des vacuoles de solitude et de silence à partir desquelles ils auraient enfin quelque chose à dire. Les forces de répression n'empêchent pas les gens de s'exprimer, elles les forcent au contraire à s'exprimer. Douceur de n'avoir rien à dire, droit de n'avoir rien à dire, puisque c'est la condition pour que se forme quelque chose de rare ou de raréfié qui mériterait un peu d'être dit.»


Tu penseras peut-être que je me cache derrière Deleuze pour me défiler. Évidemment, je sais que cet événement - l'élection de Sarkozy - peut avoir des conséquences profondes, et probablement désastreuses, sur le cours de nos existences. Nous devrons sans doute modifier nos pratiques, nos manières de faire du théâtre, non pas pour «résister» (tu sais ce que je pense de l'emploi très abusif de ce mot), simplement pour répondre. Mais en même temps, là, tout de suite, je n'ai pas très envie de donner mon petit avis personnel sur l'accession au pouvoir d'un président démocratiquement élu moins d'un mois après l'événement.
Un moment, j'ai pensé écrire un texte un peu déconnant, comme celui pour la présentation de We are la France. Mais c'est pour le spectacle, c'est très différent. Là, pour l'édito, j'ai pas très envie de déconner. Alors, bon, essayer de parler d'autre chose ? Je t'ai dit, j'ai essayé, je n'y arrive pas.
J'espère que ma lettre ne t'alarmera pas sur mon état. Rassure-toi, je vais bien, et même, depuis le 6 mai, je vais mieux. Pendant presque cinq ans, j'ai vécu (comme beaucoup de gens) avec l'angoisse de voir Nicolas Sarkozy devenir président de la République. Depuis le 6 mai, cette crainte s'est envolée : Nicolas Sarkozy est devenu président de la République. Il n'y a plus lieu de redouter l'événement dès lors qu'il a eu lieu. La seule question, comme toujours, c'est : comment faire avec ? C'est une question joyeuse, au fond, très roborative en tout cas. Mais je vais mieux aussi parce que depuis le 6 mai, des choses très concrètes se sont améliorées dans ma vie. J'ai par exemple découvert que mon voisin, avec lequel j'entretenais des rapports tout juste polis, n'a pas voté pour Nicolas Sarkozy. Du coup, non seulement ça simplifie les questions de clôture et de mitoyenneté, mais en plus, s'il a besoin, je suis prêt à lui garder son chien.
Je sais que je te préviens bien tard, et qu'il te sera difficile de te retourner pour l'édito. Je me suis dit, en catastrophe, qu'on pouvait peut-être mettre un poème d'Aragon. Ou un texte de Massera. Ou un mot bien senti d'un père fondateur sur la liberté irréductible du théâtre (genre : «le théâtre c'est bien», signé Jean Vilar). Ou du Bourdieu. Ou du Foucault (ou un autre soixante-huitard bien suspect, hahaha). Ou une photo de Lénine. Ou alors, en hommage à Alstom, les paroles de Joe Dassin : «Ça va pas changer le monde».
Ça va pas changer le monde ? Nous verrons bien. Restons groupés, comme dit Xavier [Xavier Croci, directeur du Forum culturel de Blanc-Mesnil].

Amitiés,

Benoît [Benoît Lambert, metteur en scène associé au théâtre du Granit]


jeudi 13 septembre 2007

Ministère de la préférence nationale

Sans-papiers: Hortefeux sermonne 20 préfets
Les préfets qui n'ont pas rempli leurs quotas de reconduites à la frontière ont été convoqués ce mercredi par le ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale.


ça lui dit quelque chose la Rafle du Veld'hiv à Brice?
France, pays des droits de l'homme ? ( mon cul ... )


mercredi 12 septembre 2007

Peine d'amour perdue


En plein apprentissage de la vie d'adulte et en attendant mon 26 ème anniversaire, j'ai décidé une bonne fois pour toute d'arrêter d'aller laver mon linge chez mes parents. Chacun sa machine à laver pardi. Une série de dépenses viennent ainsi s'ajouter à cette décision capitale et hier soir en rentrant du boulot, je suis allée m'acheter un séchoir au Monoprix du coin.

Je ne résiste pas au raisin muscat qui me regarde du coin de l'oeil, je ne cède pas à la tentation essayage du petit cardigan gris chiné, j'évite le rayon Lingerie à tout prix, je fais trois fois le tour de la fromagerie en regardant ailleurs et enfin je me dirige vers les caisses.

Heure de pointe oblige, je fais la queue. Et parce que je suis une intellectuelle de gauche qui mange du chèvre cendré, je sors un bouquin. Et en ce moment, mon coeur se perd dans Proust... L'ipod vissé sur les oreilles, j'entame la relecture de l'épisode de la madeleine. Je suis en pleine extase, je ne sais pas si je vais réussir à changer de chapitre.
L'espace qui me sépare de la caissière se réduit et tout d'un coup, je sens une main se poser sur mon épaule et un bout de papier. Fred 06 29 14 ... Juste le temps de retirer mes écouteurs et de le voir rougir et Fred était parti.
Mais comment rappeler un homme dont on ne se souvient plus du visage?

( Vous croyez que c'est le fait que je lise Proust adossée à un séchoir qui l'a impressionné? )


dimanche 9 septembre 2007

Rendez-vous manqués

Parce que la vie est faite de rencontres, de sourires et de pas perdus, elle ressemble à un carrefour. Certains traversent sur les clous, d'autres évitent les bandes blanches, d'autres encore regardent devant eux sans craindre les voitures. C'est vrai, pourquoi devrait-on se soucier du feu rouge?

Pour la peine, voici une petite partie de l'incipit du "roman" que je suis en train d'écrire. Soyez tolérant, c'est un premier jet.


Chapitre 1 - J'ai peur pendant l'atterrissage

L’air est tiède. Les rues se désertent. Les couples se serrent frénétiquement les paumes, la lune brille épinglée sur un ciel noir sans nuages. Je remonte la rue, mes espadrilles claquent sur le bitume parisien.
Paris change de visage à l’approche des mois chauds. Elle se vide, s’étire et patiente. Je suis comme elle. Je tends mes bras dans la moiteur de la nuit. J’attends que quelque chose s’infiltre dans le silence, m’entoure de sa fraîcheur et m’aide à circonscrire de nouveaux horizons. (...)


vendredi 7 septembre 2007

Une politique de salopard


L'avantage à habiter le centre de Paris réside non seulement dans la densité de transports en commun mais dans la multitude de magasins qui gravitent autour. J'ai donc la "chance" d'habiter une rue avec deux petits supermarchés, un grand hôtel, un bowling, un club de jazz et un centre commercial. Une rue qui pourtant n'est pas très fréquentée.
À l'entrée de ce fameux centre commercial, des cubes en marbre accueillaient des SDF. Un petit groupe s'était installé sur ce "mobilier urbain" s'offrant à la fois la chaleur du centre et l'hospitalité d'un tapis rouge pour pouvoir dormir. La nuit, ils venaient se presser les uns contre les autres avec des sacs de couchage de fortune et disparaissaient le matin avec la levée des jeunes cadres dynamiques.
Sauf que voilà un beau matin, en allant prendre mon métro, j'ai failli recracher mon café en voyant que le centre commercial, agacé de la présence des SDF devant une des portes la nuit, avait fait installer une rampe en fer pour les empêcher de s'asseoir sur les cubes de marbre.
Les SDF sont restés mais dorment parterre dorénavant.


mercredi 5 septembre 2007

Chacun ses priorités


Sarkozy aux profs :«Vous gagnerez plus si vous travaillez davantage» Le Président s'est rendu à Blois, ce mardi. Après une visite dans un collège, il a lu devant un parterre d'enseignants sa «lettre aux éducateurs» où il décline ses thèmes favoris: le mérite, la sanction, la morale et un meilleur ancrage de l'école dans le monde réel.

© Libération.fr


le mérite, la sanction, la morale.
Mais... et le Savoir, la Culture, l'ouverture d'esprit, la tolérance ?


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