mardi 27 novembre 2007

Benzodiazépines et autres douleurs aigües

Les anxiolytiques sont des médicaments utilisés contre l'anxiété communément appelée « angoisse ». Dans ma courte vie, je n'en ai pris que pendant un laps de temps précis parce que c'était prescrit. Ainsi, si j'ai déjà goûté à l'ivresse douce du Lexomil, en revanche je ne connais pas le bonheur artificiel du Prozac.

M
ieux que les antiépileptiques, amnésiantes et autres myorelaxantes, il y a la bicyclette. Un objet simple et pratique qui vous emmène du point A au point B grâce aux muscles de vos cuisses.
Et c'est ça mon antidépresseur: le vélo. Associé biensûr à la douche chaude qui éclate les tensions en milliers de gouttelettes. Le vélo pendant 45 min ( x 2 ) + la douche de 30 min. En tout 2h pendant lesquelles tu ne t'occupes pas, tu agis.

Sur ton vélo en plein Paris, tu n'as pas le temps de penser aux concours, aux mecs, aux parents, au banquier, aux kilos, aux copines et à ton appart sous 30 cm de poussière.
Sur le vélo, tu checkes un coup à droite, un coup à gauche, tu regardes l'horizon, tu humes l'air frais du pot d'échappement du bus devant toi, tu penses à ta destination, tu pédales. Sous la douche, tu sens l'eau brûler les tissus, détendre les muscles, relaxer les nerfs. Sous ta douche, tu te laves de ta journée de merde. Et elle s'engouffre dans les limbes des tuyaux de Paris.

Qui a dit qu'il fallait étudier la chimie pour rendre son sourire à la joconde endormie?

dimanche 25 novembre 2007

De la cohésion sociale et républicaine de la France

La Cité
a aussi un rôle important
de producteur de culture et de signes.


La Cité Nationale de l'Histoire de l'Immigration a chassé les arts d'Afrique et d'Océanie vers le Quai Branly. La porte dorée s'ouvre donc maintenant à un musée décidé par notre ex-président et qui se consacre aux diasporas de notre siècle. Un poil démago, un poil historico-déprimant mais très intéressant.


J'y allais un peu à reculons, j'avoue. Un musée spécial immigré ne stigmatise-t-il pas davantage une population qui a de plus en plus de mal à s'intégrer et à être acceptée? Ou alors peut-être s'agit-il de réouvrir le dialogue entre les populations qu'elles se déplacent ou qu'elles accueillent? Si auparavant la naturalisation comme assimilation à sa terre d'accueil était la seule ligne d'horizon, aujourd'hui il semble qu'il faille s'accepter en tant qu'étranger et rendre compte enfin de cet étrangeté.

"L'autre" est donc photographié avec ses bagages, filmé avec sa famille, étudié à travers son parcours géographique, analysé selon son contexte éco-politique... mais que dit-on vraiment de lui? Ses raisons, ses envies, ses désirs, ses espoirs et ses déceptions... un siècle de mouvement.
Il est comme nous le rappelle un panneau à l'entrée du musée: "un homme comme un autre". Merci, c'était important de le préciser.
Alors on évoque quelques notions d'humanisme et on se fait le chantre de la citoyenneté. De vraies bonnes intentions pétrissent ces murs. Un musée sur l'immigration surfe forcément sur un sujet dont les chairs sont à vif. Le dérapage idéologique est donc écarté aussi loin que possible, il faut être très prudent au XXIè siècle. La xénophobie est évoquée certes, mais elle fait partie du passé. On était raciste en France pendant la guerre, aujourd'hui tout le monde s'aime, c'est bien connu.
Alors malgré de véritables tentatives pour crever le silence, on continue de refouler et de cacher.
Bon, tout n'est pas si imparfait, au contraire. Les photos, les témoignages, les films proposés expliquent avec délicatesse et intelligence à quel point il est difficile de se choisir une identité quand on fait un grand écart entre deux patries. Car souvent, celui qui immigre le fait contraint et désolé de le faire. Il ne suffit pas de le savoir, il faut le dire aussi.

Parce que l'immigration fait partie intégrante de mon histoire, j'avais un peu l'impression cette après-midi de retomber dans l'album photo de mon papa et de plonger mes doigts dans ses racines. Et ça, c'était chouette.


À voir tout particulièrement l'exposition temporaire d'Augustus Frederick Sherman Portraits d'Ellis Island 1905 - 1920.

Cité nationale de l’histoire de l’immigration
Palais de la Porte Dorée
293, avenue Daumesnil 75012 Paris

samedi 24 novembre 2007

Emballez grâce au Perou

Il me fallait des moufles à tout prix pour continuer de faire du vélo avec mon bandage mais sans me décoller la peau des mains.

Alors jeudi en rentrant chez moi, je me suis arrêtée comme ça pour voir dans la boutique sud-américaine près de Pasteur. 31 € plus tard, j'avais les moufles en peau de lama griffé et le bonnet péruvien qu'il est beau et ( presque ) assorti. Le truc, c'est qu'avec un tel accoutrement t'espères juste qu'un Dieu existe et que tu ne croiseras pas Brad Pitt au bout du trottoir tellement tu te sens sexy.

Aujourd'hui, avec quelques centimètres de cheveux en moins et quelques compliments sur mon bonnet, je me suis donc rendue fièrement à Villepinte. Assise ( voire affalée ) dans le RER B, j'écoutais tranquillement mon ipod quand un jeune-homme-de-banlieue est venu me parler.
"Ouais, l'est pas mal ton bonnet"
Dans mon for intérieur, je me dis "Fuck, il va me faire chier ( alors que je suis peinard avec ma zic), tout ça parce que j'ai un bonnet péruvien sur la tête alors que franchement je sais pas pourquoi je l'ai acheté". Le jeune homme en survêtement moche continue sur sa lancée et me demande l'adresse de la boutique péruvienne, mon prénom, mon âge, et qu'est-ce que tu fais dans la vie et tu vas où et rapidement l'air de rien je t'embrouille: mon numéro. Bah voyons.

Par chance, nous arrivions à Vert Galant et je devais descendre. J'ai donc esquivé à la parisienne: avec un sourire parnassien.

jeudi 22 novembre 2007

An another hero

Maurice Béjart est mort. Il avait 80 ans.

C'est lui qui en 1997 m'avait appris à quel point la danse pouvait être belle, délicate et puissante. C'était en hiver, je glandouillais devant ma télé et je suis tombée sur Ballet for Life. Un ballet sur Mozart et Queen avec une trentaine de danseurs. Je n'avais jamais vu de danse contemporaine et mon horizon ne brillait que pour Le Sacre du Printemps. Le choc culturel avait donc été assez fort pour qu'encore aujourd'hui la musique de Freddie Mercury me rappelle la chorégraphie de Béjart et rien d'autre. À l'époque on parlait beaucoup du Sida, et ce ballet se destinait à la vie.

La chorégraphie a mal vieilli, les costumes de Versace sont laids, mais Grégor Metzger ( le danseur au crâne rasé ) est toujours aussi félin...
Je vous laisse avec le maître et le remercie d'avoir éveillé chez moi l'amour de l'art de la chorégraphie.

""Vous nous avez dit : faites l'amour, pas la guerre. Nous avons fait l'amour, pourquoi l'amour nous fait-il la guerre ?". Cri d'angoisse d'une jeunesse pour laquelle le problème de la mort par l'amour s'ajoute à celui des guerres multiples qui n'ont pas cessé dans le monde depuis la soi-disant FIN de la dernière guerre mondiale. "



"Un ballet sur la jeunesse et l'espoir puisque, indécrottable, optimiste, je crois aussi malgré tout "The show must go on" comme le chante Queen. "

Maurice Béjart, 1997


Une question subsiste:
Does anybody know what we are looking for ?


mercredi 21 novembre 2007

Les psychopathes sont parmi nous


Mon colocataire a enfoncé le clou et à confirmer la chose par la même occasion: tu causes toute seule, Elsa. Je me savais un peu déjantée, m'enfin visiblement je ne connaissais pas l'ampleur des dégâts. Toujours est-il que voilà, bah je parle aux objets... je suis barge.
À mon ordi quand il plante
À ma plante quand je lui sers à boire
À mon violon quand il grince
À mon linge quand je l'étale sur le séchoir ...

Dans l'intimité ça va, je veux dire bon y en a bien qui achètent des disques de La boum... Mais hier soir en récupérant mon vélo en sortant du boulot, j'ai demandé à mon tricycle s'il avait passé une bonne journée... Sauf que, je l'ai fait à haute voix et qu'une mamie passait par là le regard amusé. La honte sur toute ta famille.

Oui, je sais... faut que j'arrête le crack.

mardi 20 novembre 2007

Les blessures gangrenées


Louis Aragon a dit dans Les Cloches de Bâle :
"Le roman , c'est la clef des chambres interdites de notre maison."

Force est de constater que le blog représente aujourd'hui, par différents aspects et de manière ponctuelle, ce trousseau.
En relisant quelques billets écrits en 2005, je me suis surprise à moins de divagations personnelles mais à plus de chroniques "mondaines". Comme Picasso, j'ai eu ma période bleue puis ma période cubiste. Au fil des semaines, ma plume a été vindicative, mélancolique, perdue, cinglante, ampoulée même parfois.
Du mag ELLE, à l'échec au capes, des ruptures amicales et amoureuses en passant par mes coups de gueule contre le nain à talonnettes ... ce sont 595 messages que j'ai posté ici et qui constituent le fil d'Ariane d'une vie parfois un petit peu désordonnée. Et c'est, je pense, grâce à ce blog qu'aujourd'hui j'ai autant de plaisir à écrire ce roman dont parle Louis Aragon, que vous avez partiellement lu ici, mais qui stagne au chapitre III. Indéfiniment. Parce que, tout simplement je ne trouve pas le temps... Je ne le prends pas. Fucking timeline.

Bon la séance nostalgie est finie.
Bonne nuit les petits !


dimanche 18 novembre 2007

Baptème de l'air

Sarko 1er a divisé la France en deux. Il est petit certes, mais il a le bras long (ce qui, vous l'imaginez bien, lui confère une anatomie particulièrement moche). Depuis mercredi, les petits parisiens doivent donc user et abuser du système D pour se télétransporter. On fait travailler notre imagination, on parle enfin à son voisin et on partage des taxis.

Ma solution sans ligne 6 est donc le vélo. Mon vélo à moi que j'ai ( et avais un peu abandonné avec le froid) et non pas un vélib' qui renseignerait la mairie de Paris et ce cher Decaux de tous mes trajets diurnes.
Vendredi soir je quitte donc le 16ème arrondissement pour rentrer chez moi. Je chevauche ma monture ébène. Je remonte jusqu'au trocadéro, je slalomme entre les voitures avec du Vitalic dans les oreilles. Je frôle quelques rétroviseurs, j'évite les scoots, j'essuie quelques freinages intenses, et je m'engage sur la piste cyclable qui longe le métro aérien de Bir Hakeim à Pasteur.
Une ligne droite protégée. Je dépasse une bonne cinquantaine de voitures, je respecte les feux rouges mais je n'ai que des verts. Je trace.

Et là tout d'un coup devant moi, une voiture.
J'ai à peine le temps de réflechir et de serrer mes freins que je suis déjà en train d'embrasser le bitume avec 6 personnes affolées autour de moi.
La conductrice se précipite, se confond en excuses et me palpe de tous les côtés pour savoir si ça va.
Et ça va.
J'ai les jambes qui flageolent mais ça va. Je regarde la Mercedes classe M pour voir l'état de la portière dans laquelle je me suis encastrée ( on ne se refait pas ). Je me relève avec des chandelles qui tournoient autour de ma tête comme l'auréole du petit Jésus. Je rassure tout le monde. Un type s'occupe de mon vélo complètement tordu par l'impact.

Elle rentrait dans la station service sans clignotant et ma dynamo ne marche pas très bien. Un partout, balle au centre. Sauf que moi je n'ai pas de tôle pour me protéger. Quelques ecchymoses et une petite entorse aux doigts plus tard, je rentrais chez moi à pieds. C'est peut-êre plus prudent.

Morale de la fable : ce n'est pas forcément dans les situations les plus dangereuses qu'on se fait cartonner. C'est presque toujours quand le chemin nous semble plus facile.

mercredi 14 novembre 2007

De la politique au théâtre et de ce qui passe au travers.


« Si tu as neuf ans et que tu vis à Florence,
tu vas au McDonald’s le dimanche.
Si tu vis en Afrique, tu couds des ballons pour Nike… »



Vendredi dernier, je suis allée au théâtre voir la création 2007 de l’argentin Rodrigo Garcia Et balancez mes cendres sur Mickey. Un auteur-metteur en scène qui fait dans l’ultra-contemporain, dans le politique et dans l’esthétique à la Matthew Barney. On aime ou on n’aime pas mais Rodrigo Garcia ne laisse absolument pas indifférent. Le titre de sa compagnie de théâtre « La boucherie » est assez explicite.

Et Balancez... s’ouvre sur une critique de notre société: cette manie que nous avons de rechercher le concept original, prêts à vendre des chaussures dans un bar à tapas ou de construire un igloo pour vendre de la vodka. Rien ne va plus, ma petite dame.
Quant à la mise en scène, elle joue sur des tableaux précis : on se coule du miel sur le corps, on se jette sur une montagne de poils, on rase la tête d’une figurante payée 200€, on se glue dans la boue, puis sur le sol … J’entends déjà les détracteurs lever les yeux au ciel face à tant de symboles, tant de « contemporanéité ».
Oui sauf que derrière cette provocation et cette construction d’images se cache un texte qui dénonce avec poésie et sans jamais s’éloigner de concepts philosophiques la dérive du capitalisme et de la sacro-sainte société de consommation. Notre humanité qui ne regarde même plus ce qu’elle met dans son caddie, qui râle parce que la bière a débordé du verre et accepte sans broncher les propositions racistes des gouvernants. Une humanité vide de sa propre humanité. Un texte intelligent mais pas que, beau aussi.

Alors quand je suis sortie du spectacle et que j’ai lu les misérables 300 signes que le mag ELLE consacrait au spectacle, j’ai perdu mon sang froid. La journaliste ne parlait que des 200 € proposés à la figurante, que du miel et des trouvailles scénographiques. Pas un mot sur le contenu, pas une phrase sur les références heideggériennes, pas une ligne sur la polémique politique sur laquelle se fonde le spectacle. Il y a du miel, de la boue et des poils. Merci ELLE. Mais le texte alors ? Nada ? Et pourtant il y en aurait des choses à dire… mais tout le monde s’en fout non ?

On avait déjà TF1 qui vendait du coca pour des cerveaux vides, maintenant on a aussi la chance d’avoir ELLE qui vend de la poudre compact Guerlain pour des cerveaux creux.


Arrojad mis Cenizas sobre Mickey
Et balancez mes cendres sur Mickey

Texte et mise en scène, Rodrigo García
Avec Jorge Horno, Nuria Lloansi, Juan Loriente

Théâtre du Rond-Point
2bis avenue Franklin D. Roosevelt
75008 Paris
jusqu'au 18/XI
21h
Spectacle en espagnol surtitré en français
Durée : 1h20

dimanche 11 novembre 2007

Haro sur le Hareng !

Ce dimanche, je suis partie à la fête du Hareng Roi d'Étaples sur mer, près de Boulogne sur mer dans le Nord à 2H30 de Paris. On a mangé du Hareng fumé, grillé et mariné, on s'est pris du vent dans la tronche, on a dansé sur des rythmes fous, on a visité le musée de la marine et le musée Maréis et on a vu des étaplois se bourrer la gueule. On a bien rigolé grâce au vin chaud et à l'accent chti. ça fait du bien des fois de faire des trucs improbables surtout quand on a eu une semaine, un mois, une année difficiles.

jeudi 8 novembre 2007

Les disques tournent

La platine avait été offerte sans cellule. La cellule était arrivée sans le porte-cellule. Le pré-ampli sans les fils. La crise de nerfs était imminente.


J’avais une vingtaine de disques en attente d’être caressée et rien pour leur faire ce petit plaisir. Une fois le matériel au complet, sans même retirer ma veste, je me suis jetée sur ma platine et j’ai essayé de monter mes pièces détachées. Rien à faire. 20 min plus tard, je n’avais toujours pas branché mon cerveau sur ON, j’avais besoin de la matière grise d’un tiers. Un petit tour sur la Galette et des coups de fil plus tard, tout était vissé et monté. Je pouvais enfin écouter mes disques. Le premier fut Imagine.


Merci JC, merci Jgi, merci Antonin ... et oui tout ça pour apprendre à visser un écrou ... oui oui !


mercredi 7 novembre 2007

Facebook : La vie mode d’emploi


Selon Wiki, Facebook est un site Web de réseau social destiné à rassembler les gens. Certes, mais pas que.

Facebook, c’est aussi un médium chronophage et ultra-indiscret qui vous rappelle à la mémoire d’anciens camarades de lycée oubliés volontairement, qui livre vos petits changements d’humeur à vos friends et vous bouffe littéralement votre précieux temps de travail.

Grâce à Facebook, tout le monde sait que vous êtes very conservative, que vous aimez jouer à pacman, que vous avez Hug Jessica et Stan en même temps, que vous attendez le concert de Muse, que vous êtes in a relationship avec une pétasse, que vous êtes intéressé par les women ou que vous avez reçu des roses virtuelles de Jean. Tout le monde peut mater vos potes et savoir que vous copinez avec des jeunes blondes sexy ou des grandes brunes évanescentes et qu’à la vue du nombre de messages sur son Wall, vous kiffez à mort le grand brun qui s’est pris en photo avec sa webcam dans ses chiottes. On sait que vous préférez être invincible que lire dans les pensées, que vous avez adoré Gladiator mais détesté Notting Hill ou enfin que votre nom de stripteaser est Jo Bioutifulace.

Tout le monde sait tout sur tout. On apprend même des choses qu’on ne voudrait pas savoir.

Mais Facebook c’est aussi cool pour organiser des sorties avec des potes qu’on a plaisir de retrouver, se rappeler de bons souvenirs en regardant ses photos de vacances, partager des bisous flottants et offrir des cadeaux qui font plaisir sans vous coûter une phalange.

Le diable n’est pas forcément un monstre …

mardi 6 novembre 2007

Pour la liberté d'expression pour la priorité à l'éducation


Tous des moutons devant Sarkozy?

Trois étudiants interpellés par la police pour crime de lèse-Sarkozy.
Les étudiants de l’Unef de La Rochelle ont été entendus par la police, avant d’être relachés, la semaine dernière. Ils collaient une affiche montrant Nicolas Sarkozy faisant un doigt d’honneur.

© Libération.fr

lundi 5 novembre 2007

Le mieux est donc de sortir dans la rue

Hier soir, pour clore la soirée nous avons joué à un jeu ma foi très intellectuel, mais le vin rouge aidant ce fut bien drôle. Chacun a pris un livre dans la bibliothèque et a lu une phrase au hasard. Du Freud avec l'accent espagnol, du Céline avec l'accent grec, du Rilke avec l'accent italien...

Une de mes phrases provenait de Mémoires improvisées de Claudel.

Dans un wagon, il y a la banquette avant et la banquette arrière; il y a des gens qui regardent le passé qui s'éloigne, d'autres qui regardent le futur qui arrive. (...) J'ai changé de banquette, de la banquette arrière, je suis passé à la banquette avant.

Alors on se secoue un peu !

dimanche 4 novembre 2007

Eurovision

J'étais invitée à dîner des Lentilles au chorizo chez mon amie grecque et son amoureux espagnol. Autour de la table basse deux catalans, une mauricienne, une italienne, un français et une portugaise. Plusieurs doctorants en littérature, des théâtreux et un concepteur de son. Entre deux blagues sur Rachida et Nicolas et quelques boutades sur le cuisinier, nous avons parlé de nos joyaux culturels respectifs.
Nana Mouskouri est ainsi venue s'inviter sur notre table en la personne de youtube. ( Tout le monde ne connaissait pas ce prodige de la variété franco-grecque, il nous fallait des preuves. )

Voilà comment notre hôte nous a offert quelques minutes d'un rire absolument épuisant, et comme je suis partageuse, je vous invite à voir cette subtile et intelligente vidéo de L'amour en héritage. Je suis sympa, non?





samedi 3 novembre 2007

Critique de la critique


Un petit cours de littérature sur la Critique Littéraire le mardi. Quoi de plus stimulant pour des petits capessitifs? On y parle de la querelle Picard/Barthes, de la psychocritique, de la théorie de Taine, du sujet CAPES LM 2007 ... On admire la fougue de Proust contre Sainte-Beuve et on s'ennuie avec Charles Mauron.

Je faisais des volutes sur ma feuille en écoutant mes camarades pinailler sur je ne sais plus quoi. Un oeil perdu du côté de la fenêtre, l'autre certainement encore sur la plage de sable fin de Paros. Et puis tout d'un coup je me suis mise à admirer les mocassins marrons de la fille devant moi. Un chouchou qui étranglait ses cheveux châtain clair mi-longs, un foulard en soie bordeaux mal noué autour du cou, un sac à main Longchamp assorti à sa trousse et un air hautain qui sentait bon le 92. Je l'observe, non sans cynisme, mordiller son bic quand brusquement la jeune fille intervient et tente de lancer un débat.

- Franchement, c'est parce que ce sont des écrivains ratés qu'ils critiquent.

Vraiment, j'ai cru que j'allais avaler le capuchon de mon stylo.
La prof qui s'evertuait à distinguer les différentes approches structuralistes depuis bien 55 minutes, la regarde gênée et tente une pirouette en lui expliquant que (heureusement) les choses ne sont pas si simples, voyons.

Pour passer le Capes de lettres, il faut avoir minimum Bac +3 ( ce qui n'est pas énorme, certes), il faut surtout avoir quelques accointances avec la littérature et savoir l'étudier.
Que Jean-Pierre Foucault dise ce genre de stupidités aussi réductrices que navrantes, c'est une chose, qu'une étudiante en littérature se permette de définir Barthes par une pseudo-frustration d'écrivain en est une autre...

J'en suis encore consternée.

Quand elle a osé critiquer la littérarité du Marquis de Sade, la semaine qui a suivi ce cours, j'ai définitivement décidé d'en faire une copine; parce que j'adore ce gros coquin de Sade et que j'ai très envie de m'amuser avec les petites bourgeoises de la Sorbonne.


vendredi 2 novembre 2007

En Kiosque !!

Si tu demandes pas ton exemplaire à ton marchand de journaux, je te parle plus et je te maudis sur cinq générations.



VOUS Le mag' des nouveaux talents
EN KIOSQUE EN NOVEMBRE 2007

VOUS MAG est un nouveau concept de magazine qui laisse s'exprimer les nouveaux talents d'aujourd'hui et de demain !!
Illustrateur, dessinateur, peintre, graphiste, sculpteur, reporter, journaliste, écrivain, comédien, réalisateur, mannequin, photographe, styliste, chanteur, musicien, sportif, artiste en tout genre...
VOUS MAG les accompagne dans leur mise en lumière !
Découvrez dans ce premier numéro des artistes de tout milieu... Entrez dans leur univers et partagez leur passion.
Invitation à la découverte, vous aussi contactez nous pour faire partager vos impressions et parler de vos talents.

contact@vousmag.com

jeudi 1 novembre 2007

Nostalgia

Le Tigre's "Deceptacon" performed by Jem et les Holograms. Le girls band le plus pink and soft que je connaisse.
Tout un programme. Avant hier, je me suis fait le plein de génériques de dessins animés des années 80 sur youtube. Et je suis tombée sur ce montage, je dois avouer, particulièrement bien fait. Enfin moi, j'adore mais c'est mon côté midinette qui parle.


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