dimanche 9 mars 2008

En sortant, je m'égarai. Il fut tout de suite trop tard pour reculer.


Cette après-midi ( ou hier?) avec ma douce camarade de bibliothèque, nous parlions de Monsieur Henri Michaux. Poésie plus hermétique que celle de Verlaine, certes, mais tout aussi imagée, métaphorique. Du coup, en rentrant, j'ai plongé mes doigts et mes yeux dans ses mots. Assise en tailleur, un cercle de yaourt à la framboise sur les lèvres, je lisais et j'attendais que l'eau finisse de battre le linge dans la machine.

Ce poème m'a particulièrement plu. Allez savoir pourquoi.


Mes occupations

Je peux rarement voir quelqu'un sans le battre.
D'autres préfèrent le monologue intérieur.
Moi non. J'aime mieux battre.
Il y a des gens qui s'assoient en face de moi au restaurant
et ne disent rien, ils restent un certain temps,
car ils ont décidé de manger.
En voici un.
Je te l'agrippe, toc.
Je te le ragrippe, toc.
Je le pends au portemanteau.
Je le décroche.
Je le repends.
Je le décroche.
Je le mets sur la table, je le tasse et l'étouffe.
Je le salis, je l'inonde.
Il revit.


Henri Michaux


3 commentaires:

chup a dit…

Marchant

"Marchant,
marchant,
marchand de visages battus et d'oiseaux inquiets,
marchant dans la ville embrasée,
marchand de sillages perdus,
de fantômes de vent, d'eau, d'odeurs,
marchant d'une vie de chien,
marchant,
marchant."

:)

et l'une de mes favorites :
" Et pendant qu'il la regarde, il lui fait un enfant d'âme."

La vie dans les plis

bonne nuit Miss Pink!

Anonyme a dit…

"Je peux rarement voir quelqu'un sans le battre."

Henri Michaux


"Quit your job. Start a fight. Prove you're alive."

Tyler Durden

Elsa a dit…

Henri Michaux / Fight Club: jolie association :)

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