lundi 30 juin 2008

Intermède musico-visuel

Pendant que je suis en train de me faire ratatiner la tronche devant un jury méchant pas beau, je vous propose de mater ce court-métrage bien marrant d'Arthur de Pins: La Révolution des crabes. Que ça ne vous empêche pas de prier bien fort pour moi, hein.


dimanche 29 juin 2008

Les oraux du capes - Jour J


Voilà. C'est mon tour de partir à Tours ( ahaha ).
Le petit cœur un peu serré mais pas trop de stress encore. Je vais faire de mon mieux, c'est promis à moi-même. L'an dernier je ne l'ai pas manqué de beaucoup, aucune raison de ne pas y arriver cette fois-ci, non? Un petit coup de pouce du destin ce serait pas mal quand même. Si je pouvais tomber sur du théâtre contemporain ou sur mon ami Rimbaud, ce serait perfeito ! Je vais essayer de renouveler mon 17/20 en portugais mais sans avoir fait un seul oral d'entraînement et parler portugais plus de 5 min à un lusophone depuis près d'un an, ça risque d'être dur dur. Toujours est-il que dans trois jours, je serais en vacances et c'est très appréciable. À moi le cinéma à gogo, à moi les Perriers en terrasse, à moi la piscine, les pompiers en tout genre et les dimanches au soleil. À moi les nuits en club, à moi les siestes sur l'herbe, à moi la liberté !
En plus cette année, j'ai une super équipe qui m'entoure (voir billet de mardi). Ma "grande sœur" M. inquiète de mon anorexie passagère m'a concoctée un petit sac bourré de sucreries ( hum hum ) et fait bosser ma grammaire dans la cour de la Sorbonne cet après-midi. G nous a rejointes pour me faire un bisou en forme de trèfle à 4 feuilles. Demain matin, ma meilleure amie et son amoureux viennent me porter chance sur le quai de la gare, et à la sortie de mon train A. vient manger mon stress et me faire réviser quelques petits trucs. Merci les amis chéris.

Qui a dit qu'il fallait un mec pour se sentir moins seule et aimée?

samedi 28 juin 2008

Les oraux du capes J-1

Par petits bouts - 25/VI/08


"Je ne sais ni ce que je suis, ni ce que je fais, ni ce que je désire: je suis déchirée par mille mouvements contraires."écrit Marianne dans Lettres d'une religieuse portugaise de Guilleragues.

Hier à la bibliothèque, j'ai rapidement analysé 23 textes littéraires. Bossuet, Chateaubriand, Valéry, Baudelaire, La Fontaine, Madame de Sévigné, Louise Labé, Robbe-Grillet, Balzac, Flaubert, Madame de La Fayette, Rousseau, Sponde, Choderlos de Laclos... Un véritable défilé littéraire dans la BU de la Sorbonne. Et puis je suis tombée sur lui. Théophile de Viau. Un mec qui date pas d'hier, qu'on aime pas trop, nous, les gens du CAPES mais dont le poème érotico-baroque m'a bien plu sur l'instant. Un texte simple, sensuel et imagé comme devraient l'être toutes les déclarations d'amour. Même les plus ridicules, n'est-ce pas monsieur Pessoa?

Stances

Quand tu me vois baiser tes bras,
Que tu poses nus sur tes draps,
Bien plus blancs que le linge même;
Quand tu sens ma brûlante main
Se promener dessus ton sein,
Tu sens bien, Cloris, que je t'aime.

Comme un dévot devers les cieux,
Mes yeux tournés devers tes yeux,
A genoux auprès de ta couche,
Pressé de mille ardents désirs
Je laisse sans ouvrir ma bouche
Avec toi dormir mes plaisirs.

Le sommeil aise de t'avoir
Empêche tes yeux de me voir,
Et te retient dans son empire
Avec si peu de liberté,
Que ton esprit tout arrêté
Ne murmure ni ne respire.

La rose en rendant son odeur,
Le soleil donnant son ardeur,
Diane et le char qui la traîne,
Une Naïade dedans l'eau
Et les Grâces dans un tableau,
Font plus de bruit que ton haleine.

Là je soupire auprès de toi,
Et considérant comme quoi
Ton oeil si doucement repose,
Je m'écrie : Ô ciel ! peux-tu bien
Tirer d'une si belle chose
Un si cruel mal que le mien ?

Théophile de Viau, Stances

vendredi 27 juin 2008

Les oraux du capes J-2

La Fuite en arrière. 6/VI/08


Aube


J'ai embrassé l'aube d'été.

Rien ne bougeait encore au front des palais. L'eau était morte. Les camps d'ombre ne quittaient pas la route du bois. J'ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes se levèrent sans bruit.

La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.

Je ris au wasserfall blond qui s'échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse.

Alors je levai un à un les voiles. Dans l'allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l'ai dénoncée au coq. A la grand'ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre, je la chassais.

En haut de la route, près d'un bois de lauriers, je l'ai entourée avec ses voiles amassés, et j'ai senti un peu son immense corps. L'aube et l'enfant tombèrent au bas du bois.

Au réveil il était midi.


Arthur Rimbaud, "Aube" in Illuminations

jeudi 26 juin 2008

Laure Manaudou n'a qu'à bien se tenir !

Hier pleine de bonne volonté et respectant à la lettre ma nouvelle résolution, je suis allée à la piscine en sortant du boulot. Je profitais alors pleinement des bienfaits de la trempette: le côté rafraîchissant ajouté au je-remue-mon-cul-j'ai-bonne-conscience. Parce que ce n'est pas tout de manger des tomates à chaque repas, faut se raffermir le tout mou aussi. Donc, me voilà partie mon sac de piscine à l'épaule pour ma piscine préférée ( 3 bassins et des vestiaires électroniques).

E
n rentrant dans l'eau je me souviens qu'en avril, j'avais eu la bonne idée de m'acheter des gants palmés pour muscler mes bras. Pim pam poum je ressors de l'eau toute dégoulinante et je vais chercher mon geek-pool accessoire. Et là, surprise non seulement tu glisses comme Ariel et Polochon mais en plus ça fait hyper bien bosser les biceps. Donc ami, si tu veux avoir des gros bras, tu sais ce qu'il te reste à faire. ( J'avoue, c'est vrai, t'as pas l'air hyper sexy avec tes gants mais bon entre le bonnet et les lunettes... )
Et puis parce que la piscine c'est toujours sympa sous les douches quand tout le monde mate tes cuisses, alors que j'étais peinarde en train de m'astiquer le cuir chevelu, un mec s'est approché de moi. Oui, je peux vous le dire, j'ai juré dans mon for intérieur. Mais qu'est-ce qu'il veut ce connard? ( ouais, je suis très injurieuse en ce moment) Le regard de biais, l'air inquiet et presque inintelligiblement, l'étrange personnage m'a demandé dans le coin de l'oreille quelque chose. Oui, mais quoi?
Evidemment avec tout le chlore installé dans mon conduit auditif, je l'ai fait répéter au moins 3 fois avant de comprendre qu'il ne me demandait pas si j'avais de la CC mais si je pouvais le fournir en savon...

Y en a qui sont bizarres quand même...

mercredi 25 juin 2008

'sɪːɣʏr rouːs

Parles-tu le Volenska?

Révélation du jour et petit intermède musical pendant les concours. Sache, cher lecteur, que je suis absolument dingue de mes amis les Islandais de Sigur Rós. Je les aime d'amour. Je crois même que si je devais partir avec un-album-et-c'est-tout sur une île déserte ce serait un des leurs. C'est dire toute l'admiration-adoration que j'ai pour ces petits tarés.
Avec eux, grâce à leurs clips poético-merveilleux et à leur son éthéré et minimal, je découvre les terres sauvages et volcaniques de l'Islande. Je quitte littéralement mon corps, c'est l'exorciste au pays des glaciers. Et l'Islande siégeant dans mon top 3 des lieux que je veux visiter avant mes 30 ans (33? bon 35 dernier carat), je me régale de cet avant-goût sonore. Et parce que je suis partageuse, voici le trailer de leur film Heima et tu peux aussi aller mater leur clip de Glósóli.




mardi 24 juin 2008

Un pour tous ! Tous pour un !

Cette année le CAPES, je le passe à 4. A., M., E., et moi. Un petit groupe uni par les liens de la grammaire et de la syntaxe. Et même par un peu plus que de la linguistique.

T
rois filles et un garçon. Depuis le verdict des écrits, nos samedis nous les passions ensemble à nous exercer à l'oral devant des textes plus ou moins abscons. Nous nous envoyions par mail les travaux faits dans nos coins, les fiches et autres notes qui pourraient servir aux autres. Nous nous disions les pires critiques pour nous faire avancer. Nous nous motivions à aller en cours, à vivre à la bibliothèque. Nous nous réconfortions au téléphone presque chaque jour quand le moral imaginait l'après concours sans le concours.
Mardi dernier, ce sont ces trois personnes exceptionnelles qui m'ont réconfortée et remise sur les rails. Ce sont eux qui jeudi alors que j'avais une colle et que je venais d'apprendre que mon père était malade qui sont venus me soutenir pour que je ne m'effondre pas en salle de préparation. C'est pour eux qu'aujourd'hui, j'ai le cœur qui tremble quand je m'aperçois en regardant ma montre qu'ils sont prêts à passer devant le jury.
Je sais bien que la probabilité pour que nous ayons tous les 4 le concours est faible. Je sais A. que tu as l'impression que tu es l'actrice et l'unique fautive de ton possible échec. Mais au final et c'est toi qui me l'a dit ici même, ce jury ne peut en aucun cas statuer sur ce que nous sommes au fond. À peine 3 connards installés derrière leurs lunettes embuées par la titularisation. Et nous ? 4 petits cons qui avons fait preuve de solidarité, d'un soutien sans faille et d'une empathie souvent illimitée. Et puis je peux bien le dire, je suis bien contente d'avoir eu ce putain de 2/20 sur Lamartine. C'était quand même bien cool de s'être rencontrés. Ne regrettons rien comme dirait Edith.

Demain c'est M. qui passe. Samedi ce sera au tour de E., quant à lundi ce sera pour ma poire. Croisons les doigts et touchons du bois pour eux, pour moi il faudra carrément des cierges si vous voulez bien.

Et oui, ce blog me permet aussi de faire passer des messages privés. J'imite Pénélope sans vergogne.


lundi 23 juin 2008

À mort Facebook !

La semaine dernière j'ai eu l'envie presque irrépressible de détruire mon profil Facebook. À l'origine d'une prise de tête des plus débiles avec quelqu'un que j'aime pourtant beaucoup, chronophage et inutile, ce réseau social à la con me sortait par les yeux. Pire, il montrait une fausse image de moi. Et aujourd'hui en lisant Libé, je suis tombée sur un papier sur le sujet.




"(...) Si ce satané téléphone malmène nos amours depuis un paquet d’années, MySpace et Facebook, eux, jettent une bonne dose d’huile sur le feu. «Avec ces sites, le principe même de communauté implique que le moindre geste de l’utilisateur tombe dans l’espace public», résume Tisseron. Dès qu’on envoie un message, qu’on ajoute une photo ou que l’un de nos amis poste un commentaire sur notre espace, tous nos «friends» en sont informés… Conjoint compris.(...) "


Avec Facebook, ton instinct Hercule Poirot du dimanche se réveille, tu viens mater avec ton café les photos de tes potes et voir avec qui ils sont maintenant amis, avec qui ils échangent plus de messages, avec qui ils fricottent éventuellement. À vrai dire dans la vie de tous les jours, je m'en carre de savoir ce genre d'informations ( d'ailleurs j'évite soigneusement les applications tierces du réseau pour éviter encore plus de perte de temps et d'intrusion ), alors pourquoi une fois collée sur mon écran allais-je mater les statuts du voisin? Aucune idée. Vraiment aucune.

J'ai tourné la question sept fois dans ma tête et j'en suis venue à la conclusion que je devais être un peu curieuse quand même et que ça m'avait fait rire, des fois. Et puis, je me suis tout d'un coup rendue compte que ça faisait une semaine que je n'y avais pas été, que ça ne me manquait pas, que j'en avais vraiment rien à faire de ce Facetruc. Que j'avais plutôt envie de lire des poèmes de Verlaine plutôt que de traîner sur ce site. La décision était prise.
J'étais en train de chercher comment effacer mon profil et je me suis rendue compte que je n'avais pas le mail d'Abhi, ni celui de Chaf, encore moins le numéro d'Émilie. Alors quoi faire? Décider que si la relation n'existe pas en dehors de facebook, c'est qu'elle est vaine ? Que si tu n'es plus pote avec ta copine de CM2 c'est qu'il y a des raisons qui s'appellent la vie? Leur demander leurs coordonnées avant de tout mettre à zéro?

Je n'ai pas la réponse mais je sens que je vais pas tarder à passer à l'acte. Dès que j'aurais le temps parce qu'en attendant, je révise. Et oui...



Edit: ( quand j'ai un truc en tête, j'attends rarement... )
Voilà, j'ai désactivé mon compte. Faut même leur dire pourquoi dis donc. Et ils te donnent tout un tas de raisons de ne pas partir... C'est laborieux. Au final, tu ne peux pas vraiment liquider ton compte. La poisse. Sacré fil à la patte !




dimanche 22 juin 2008

Wesen ist was gewesen ist

MoMA. Mai 2008. New York

"Etre, c'est avoir été" a dit le phénoménologue allemand Hegel.

Hier, je me suis mise au vert avec M. à Bretigny sur Orge. Histoire de pouvoir bosser au soleil entourée par le chant des oiseaux et le ballet des peupliers. L'air frais, l'herbe verte... Le sentiment qu'à chaque jour suffit sa peine et que cette semaine pour ma part j'avais donné plus que de raison. Alors que je lisais une étude sur l'autoportrait et l'autobiographique écrite par Dominique Viart, j'y ai trouvé une sorte d'explication à cette écriture introspective publique quasi-quotidienne que je tape comme une grande respiration sur mon laptop.

"Le sujet est en effet le produit de son histoire. Ce que je suis, je le suis devenu en traversant un certain nombre d’expériences qui m’ont fait ainsi. D’où la nécessité de se raconter, même dans l’autoportrait. "

A1 se demandait l'autre jour ce qui pouvait pousser quelqu'un à écrire un blog. Mis à part l'exercice de style et le côté psychanalysant de la chose, j'imagine qu'il n'y a pas vraiment d'explication sauf peut-être le côté rituel du geste pour celui qui écrit et celui qui lit. En début de semaine, de décharger ici quelques grammes de l'énorme mal-être qui m'enserrait m'a fait du bien. D'avoir pris la décision de faire ce que je pouvais pour transformer la mélancolie en rage m'a aidé aussi.
Au terme de cette pénible semaine, je me dis que parfois il est bon de se forcer à faire un appel du pied pour remonter à la surface. Mon visage pâle comme un linge a retrouvé quelques couleurs. Et si je sais que le sourire au bord de mes lèvres représente plus un exercice mécanique qu'un geste spontané, même si je n'ai pas retrouvé l'appétit alors que je suis morte de faim, je me dis que les choses s'arrangent, que les nuages sont éphémères et que la vie est trop courte pour être malheureux et souffrir de se poser des milliers de questions aux carrefours.

mercredi 18 juin 2008

Haut les coeurs !

Votre mission si vous l'acceptez: ne plus écrire de billet-blog déprimant. On sait tous, Elsa, que c'est pas la fête du slip, que comme d'hab quand t'as le blues t'as envie de te pendre avec la ceinture de ton kimono, que tu voudrais dormir et te réveiller sans goût amer dans ta bouche. ça c'est le cas de tout le monde: l'envie d'effacer tout et de recommencer à zéro. Mais non. On ne peut pas. Alors on assume ses choix, ses erreurs et ses (dés)espoirs.
On garde la tête haute et on regarde devant soi. Et devant moi: c'est le Capes dans 11 jours. Avec moi, ce sont des amis formidables qui bien qu'ils m'obligent à manger m'aiment et me soutiennent.
Et le soleil brillera...

mardi 17 juin 2008

Le miroir

En face de moi dans le métro, une fille le visage livide et les yeux creusés par les larmes. Elle se cache le visage pour que personne ne puisse voir qu'elle pleure. Elle en a mal au ventre. Je croise ses yeux vides quand elle cherche un mouchoir dans son sac. Elle n'a pas dû beaucoup mangé, elle a la bouche pâteuse. Elle pose sa tête contre la vitre. Ses larmes perlent au bout de ses cils. Si le lexomil engloutissait sa peine elle mangerait l'armoire de son pharmacien. Pour l'instant rien ne semble pouvoir la soulager. Rien.

vendredi 13 juin 2008

"Nous étions faits pour être libres

Nous étions faits pour être heureux."
Disait Louis à Elsa.

Des fois tu es colère contre ta vie. Tu la trouves merdique, ta vie. Tu voudrais qu'un arc en ciel se balade au-dessus de ta tête. Tu voudrais que les nuages se colorent de rose à la vue de ta silhouette. Tu voudrais que les macarons Ladurée culminent à 2 calories et soient bourrés d'amphet. Tu voudrais croquer le petit brun là devant toi caché derrière ses lunettes.
Mais nada.
Ta cousine a oublié qu'elle t'avait déjà demandé trois fois si tu venais accompagnée à son mariage. Et en plus ton autre cousin, qui se marie lui aussi, décide le même jour de te poser la même question. Le bureau de Budapest décide enfin de te rappeler mais une fois que tu as réussi à te faire une raison et que tu as fait tes vœux d'affectation pour l'an prochain.
Des fois, tu la détestes ta vie. Tu la détestes parce que tes parents ont décidé de cesser de t'aimer comme ça du jour au lendemain et qu'ils ne sont pas les seuls. Tu la détestes parce que les gens que tu aimes partent, c'est comme ça. Que certains ne reviendront pas. Jamais. Tu la détestes parce que tu la voudrais autrement. Ou en tout cas pas comme elle est. Parce que tu fais la fille forte mais que les coups tu les prends en pleine gueule. Qu'ils font mal et qu'en plus ils sont souvent indélébiles.

Alors tu te saoules de musique, tu la mets aussi fort que possible, si fort que tu voudrais qu'elle explose tout à l'intérieur de ton corps. Et tu espères encore un peu au fond de toi que les paroles changeront ta vie.

mercredi 11 juin 2008

M'as-tu vu sur Facebook?

Si y a un truc qui me fait bien marrer sur Facebook ce sont les statuts de mes "amis".

Il y a quelques temps, j'étais invitée pour VOUS mag à la soirée Facebook au VIP room. Toujours partante quand il s'agit de boire en écoutant de l'électro, je me suis rendue en talons douloureux dans cette boîte insipide peuplée de lianes décérébrées. Quelques heures plus tard, au bout milieu de la nuit, j'étais "pokée" sur Facebook par des silhouettes bavardes rencontrées dans le noir. J'ai dû sembler liante, normal la vodka au goût de framboise était succulente. Beaucoup de ces contacts ont été viré peu après sauf une qui me fait beaucoup rire.


C'est une jeune journaliste blonde, pas très jolie, bien roulée mais vulgaire. Un visage sans charme, le cheveu terne et le cuir mal ajusté. Et ce que je préfère chez elle (mis à part son goût certain pour ce qui est laid) c'est sa grande passion pour le "branché". Elle se donne du mal la pauvre. Son statut Facebook donne à peu près ça: Lundi "a rendez-vous dans le hall du George V", Mardi "revient tout juste de Cannes", jeudi "a pris des coups de soleil sur Roland Garros", samedi "adooore Le Baron". Elle ne s'inscrit qu'à des groupes super hype de la mort et se prend en photo devant le Martinez avec des Rayban démodées, ça va de soi.



C'est mignon, ça me fait rire.


mardi 10 juin 2008

Tours: J-19


J'étais assise sur mon banc en attendant 13H30. Les doigts repliés sur une anthologie littéraire. La tête encore plongée dans mon cahier de stylistique. Le parquet de la Sorbonne grinçait à chaque pas, mon cœur manquait ne s'échapper à chaque battement, mes pieds louchaient vers la sortie. Juste un exercice d'entraînement et pourtant, le corps et l'esprit font trembler les murs avec eux. C'est dire si j'adore les oraux. Je sais on est 1800 à dire ça en ce moment en attendant de monter sur la guillotine; mais c'est vrai. Parler devant une paire de lunettes dubitative, c'est pas évident évident. C'est même pas glop. C'est comme rêver qu'on est tout nu au collège, c'est comme attendre les genoux repliés les résultats de test HIV en évitant soigneusement le regard du mec en face de toi, c'est comme tout plein de choses désagréables.
Il reste 19 jours avant le coup d'envoi. 22 avant la fin du supplice. Un mois pile avant la publication des résultats. Un mois et un jour avant ma pendaison.
Moi, tout va bien, et vous?

lundi 9 juin 2008

Danger (n.m)


Un matin comme tous les autres
Un nouveau pari
Rechercher un peu de magie
Dans cette inertie morose

Clopin clopan sous la pluie
Jouer le rôle de sa vie
Puis un soir le rideau tombe
C'est pareil pour tout l'monde

Rester debout mais à quel prix
Sacrifier son instinct et ses envies
Les plus essentielles

Mais tout peut changer aujourd'hui
Et le premier jour du reste de ta vie
Plus confidentiel

Pourquoi vouloir toujours plus beau
Plus loin plus haut
Et vouloir décrocher la lune
Quand on a les étoiles

Quand les certitudes s'effondrent
En quelques secondes
Sache que du berceau à la tombe
C'est dur pour tout l'monde

Rester debout mais à quel prix
Sacrifier son instinct et ses envies
Les plus confidentielles

Mais tout peut changer aujourd'hui
Et le premier jour du reste de ta vie
C'est providentiel

Debout peu importe le prix
Suivre son instinct et ses envies
Les plus essentielles

Tu peux exploser aujourd'hui
Et le premier jour du reste de ta vie
Non accidentel

Oui tout peut changer aujourd'hui
Et le premier jour du reste de ta vie
Plus confidentiel

Étienne Daho, Le Premier jour (du reste de ta vie)

dimanche 8 juin 2008

Quand Libération publie de l'infâme...

Hier soir, je n'ai pas pu regarder le match de foot qui faisait s'affronter le Portugal à la Turquie. Alors en rentrant chez moi sur je suis allée sur le site de Libé et j'ai lu le compte-rendu sportif. J'ai cru que j'allais m'étrangler tellement ce que j'ai lu m'a donné envie de vomir. Voici un petit résumé de cet article non signé:

"· Salut à tous. Des Turcs, des Portugais sur TF1 et ce n'est pas le droit de savoir. Vive l'Euro. Avec les suisses qui ont perdu leur match et Alex Frei, on sait déjà que le groupe A n'aura que 3 équipes. Entre des portugais provocateurs et des turcs réactifs, le match risque de faire des étincelles. (...) 19' · En jouant à la française, les turcs pensent qu'ils vont peut-être rentrer plus facilement dans l'UE. (...) 36' · Ca charcute dans tous les sens, les turcs font des remises sur les doners (...) 54' · Tunçay court vite. Est-il encore vierge ? (...) 57' · La Turquie n’arrive pas à faire mentir De Villiers. Ca se jette pas mal de manière kamikaze. (...) 61' but de Pepe. Il s'est souvenu qu'il était brésilien, il s'offre une montée et un but d'attaquant. Heureusement pour les concierges parce que s'il fallait compter sur Nuno Gomes ... (...) 89' · L'intégriste turc a confondu les jambes de nani avec les twin towers. (...) "

Je me suis demandée si ma colère venait de mon manque de second degré ou si vraiment je n'avais aucun humour.... Mais ce ne sont pas deux remarques, c'est tout le compte-rendu qui est ponctué de remarques racistes et diffamatoires.
Toujours est-il que j'ai écrit à Libération. Parce que si je lis Libé ce n'est pas pour lire des articles dignes de Minute...

Si vous voulez leur faire part de votre indignation, tout comme moi. C'est ici.

vendredi 6 juin 2008

Pearl

Sophie Rude
Portrait de jeune femme, 1849

Quand j'avais 12 ans, ma meilleure amie est morte en sortant du collège. C'était un mercredi midi. Un camion de fruits et légumes du marché Edgar Quinet a reculé. Virgnie est morte sur le coup, au milieu de la rue. J'ai beaucoup pleuré quand je l'ai appris. C'était à l'entrée du collège, le jeudi après deux jours d'absence. Ma prof de français m'avait prise dans ses bras. Je me rappelle qu'elle m'avait serrée très fort comme pour me rappeler que j'étais vivante, moi.
La période qui a suivi fut d'un silence inquiétant. Pas tant parce que j'étais malheureuse qu'elle soit morte mais parce que j'avais du mal à comprendre ce qu'il se passait vraiment. Je trouvais ça aussi assez injuste, je crois. Avant hier avec A. nous avons regardé mes photos de classe et son visage s'est réimprimé dans ma tête. Dans 10 jours, ce sera l'anniversaire de sa mort. 15 ans, le 15 juin. Maintenant ses années de vie sont plus courtes que ses années de mort.
Quelques jours après, pendant un contrôle de maths, j'ai craqué. Je me suis effondrée sur ma copie devant toute ma classe.
Ma prof de maths est venue près de moi. Elle a déchiré ma feuille et m'a dit de recommencer à zéro. Quand on a toujours le nez dans ses problèmes, on ne trouve plus aucun moyen d'en trouver la sortie.
Qui a dit que l'école n'enseignait rien d'utile dans la vraie vie?

jeudi 5 juin 2008

Elsewhere

Bonjour,

Je suis dans l’obligation de vous annoncer que malgré les qualités indéniables de votre dossier nous ne pouvons pas le retenir. Mais selon notre expérience de plusieurs années, il y a toujours quelques désistements. Nous vous prions donc de nous signaler si vous êtes disponible durant l’été au cas où il y aura des postes à pourvoir.

Même si les conditions de départ laissaient à désirer. Le mail a été dur à lire jusqu'au bout. C'est un sentiment désagréable que de ne pas se sentir ni aimer
ni à la hauteur, un picotement beaucoup trop courant ces temps-ci pour passer inaperçu.
Mais je ne désespère pas de trouver un coin de ciel bleu où poser mes valises. En attendant, je bosse mon petit oral adoré qui se rapproche horriblement. J'ai mal au ventre, l'impression que je sais encore moins de choses que la veille, que je n'aurais jamais le temps, que je suis une vieille merde... tout bien comme il faut que ça te rebooste et te donne du peps. Allez 24 jours.

J'espère que ce premier refus n'annonce pas une suite d'échecs; sinon je vais direct en prison sans passer par la case départ et sans mes 20 000 francs. Un mois de juillet sous prozac, ça pue le cheddar non?


mardi 3 juin 2008

YSL

Yves Saint-Laurent
1936 - 2008

"Faites que le rêve dévore votre vie
afin que la vie ne dévore pas votre rêve."

Antoine de Saint-Exupery

lundi 2 juin 2008

Si un jour j'suis un couple, je voudrais être nous deux


En fait, ça fait un moment que se croisent dans ma tête
Des mots et des douceurs qui pourraient faire un texte
Un truc un peu différent, je crois que ça parlerait d'elle
Faut avouer que dans mon quotidien, elle a mis un beau bordel

Mais j'ai un gros souci, j'ai peur que mes potes se marrent
Qu'ils me disent que je m'affiche, qu'ils me traitent de canard
C'est cette pudeur misogyne, croire que la fierté part en fumée
Quand t'ouvres un peu ton coeur, mais moi cette fois je veux assumer

J'ai un autre problème, il est peut-être encore plus lourd
C'est que t'as pas droit à l'erreur quand t'écris un texte d'amour
Moi, les trois prochains couplets, je voudraient que ça soit des bombes
Si j'écris un texte sur elle, je voudrais que ça soit le plus beau du monde

Elle mérite pas un texte moyen, j'ai la pression, ça craint
Fini de faire l'intéressant, avec mes voyages en train
Là c'est loin d'être évident, moi je sais pas comment on fait
Pour décrire ses sentiments, quand on vit avec une fée

Il faut avouer qu'elle a des yeux, ils sont même pas homologués
Des fois ils sont verts, des fois jaunes, je crois même que la nuit ils sont violets
Quand je m'enfonce dans son regard, je perds le la je n'touche plus le sol
Je me perds profondément, et j'oublie exprès ma boussole

Depuis que je la connais, je ressens des trucs hallucinants
Je me dis souvent que j'ai eu de la chance de lui avoir plu, sinon
J'aurais jamai su qu'un rire pouvait arrêter la Terre de tourner
J'aurais jamais su qu'un regard pouvait habiller mes journées

Je comprends pas tout ce qui se passe, y a pleins de trucs incohérents
Depuis qu'elle est là rien n'a changé, mais tout est différent
Elle m'apporte trop de désordre, et tellement de stabilité
Ce que je préfère c'est sa force, mais le mieux c'est sa fragilité

Ce n'est pas un texte de plus, ce n'est pas juste un poème
Parfois elle aime mes mots, mais cette fois c'est elle que mes mots aiment
Je l'ai dans la tête comme une mélodie, alors mes envies dansent
Dans notre histoire rien n'est écrit, mais tout sonne comme une évidence

J'ai redécouvert comme ça réchauffe d'avoir des sentiments
Mais si tu me dis que c'est beaucoup mieux de vivre sans, tu mens
Alors je les mets en mots et tant pis si mes potes me chambrent
Moi je m'en fous, chez moi y a une sirène qui dort dns ma chambre

J'avais une vie de chat sauvage, elle l'a réduite en cendres
J'ai découvert un bonheur tout simple, c'est juste qu'on aime être ensemble
On ne calcule pas les démons du passé, on n'a pas peur d'eux
Moi si un jour j'suis un couple, je voudrais être nous deux

Y a des sourires et des soupires, y a des fou rires à en mourir
On peut s'ouvrir et s'en rougir, déjà se nourrir de nos souvenirs
Les pièges de l'avenir nous attendent, mais on n'a pas peur d'eux
Moi si un jour j'suis un couple, je voudrais être nous deux

Et si c'est vrai que les mots sont la voix de l'émotion
Les miens prennent la parole pour nous montrer sa direction
J'ai quitté le quai pour un train spécial, un TGV palace
On roule à 1000km/h, au dessus de la mer, en première classe

Et si c'est vrai que les mots sont la voix de l'émotion
Les miens prennent la parole pour nous montrer sa direction
J'ai quitté le quai pour un train spécial, un TGV palace
On roule à 1000km/h, au dessus de la mer, en première classe



Grand Corps Malade, Comme une évidence.


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