mardi 12 août 2008

" Des efforts pour canaliser une pensée fantasque"


Ma prof d'histoire en hypokhâgne avait bien compris qui elle avait en face d'elle. C'était il y a 8 ans, l'humour incisif de mon prof de latin m'intéressait plus que les déclinaisons, les cours de lettres ne m'inspiraient que quand il s'agissait d'étudier le théâtre d'avant-garde, je squattais le rang du fond avec H., P. et N., je faisais des nuits blanches au ciné avant d'aller en cours le samedi matin.

Je ne voulais ressembler à personne.

J'avais envie de cogner ma voisine de devant et de lui faire bouffer sa chevalière et son col de chemise remonté. Je me sentais prolo et émigrée dans un troupeaux de petites françaises filles de profs et du Bon Marché. J'avais envie de prendre un Van et mes baskets, de partir faire du théâtre politique avec mes copines dans n'importe quel trou perdu d'Europe.

Je ne sais pas si je faisais vraiment des efforts pour canaliser.

J'avais le sentiment d'avoir la vie devant moi.
J'avais l'impression qu'on pouvait faire ce qu'on voulait de sa vie. Même rien, si ça nous chantait.
Je ne lui trouvais aucun sens et pourtant chaque jour je me levais pour lui en trouver.
Je pouvais courir des heures sans respirer.
Mon cœur était intacte.

J'avais 18 ans.

2 commentaires:

l'inconnu a dit…

Joli texte.
Et si tu devais parler au présent ?

Rodrigo a dit…

merci :)
je dirais la même chose, sauf l'avant dernière phrase.

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