lundi 29 septembre 2008

Le défi que déjà l'Orient a lancé par-dessus ma tête


D'où que vous veniez, contribution à mon développement, ce sera vous!
Vous, mon sang riche! vous, laiteuse liqueur, pâle extrait de ma vie!
Poitrine qui contre d'autres poitrines se presse, ce sera vous!

Walt Whitman


Anna, Pauline et moi avons pris la Twingo comme ça sur un coup de tête samedi dernier et sommes parties à l'aventure. Il pleuvait mais on avait des cookies aux M&Ms laissés par Scott (un américain de passage à Eger) et une carte de la Hongrie.
Pendant notre périple, nous sommes tombées entre autres sur une ville presque fantôme ( ou bien c'était l'heure de la messe... ) et sur une route qui ne menait nulle part; mais on l'a prise jusqu'au bout. La voici donc immortalisée pour vous. ( au-dessus hein ! )

Puis on s'est tapées la route du retour par le mont Matra, des routes de montagne qui zigzaguent, la nuit qui tombait sur un chemin inconnu, la pluie et le brouillard, je peux vous dire que ça rigolait moins dans la Twingo rouge...


samedi 27 septembre 2008

L'air glacial de l'Est

Il fait froid dans mon grand appartement hongrois. Ici, en Hongrie le mercure a chuté lamentablement et vertigineusement. Alors qu’il faisait 38 degrés début septembre, il fait vingt jours après seulement 8 degrés…

C’est dire à quel point l’adaptation à la météo est difficile. J’ai donc froid. Je n’ai pas encore compris comment fonctionnaient les radiateurs soviétiques parsemés dans les pièces. J’ai peur de faire sauter l’immeuble en voulant quelques degrés de plus, alors j’attends le moment magique où je me souviendrais de demander à ma collègue le mode d’emploi de ce truc. En attendant, je me balade avec mon pull marin et mes moufles et je bois du thé au jasmin brûlant pour réchauffer l’intérieur de mon corps frigorifié.
Le froid donne un goût pré-hivernal aux choses. Les dimanches s’étirent sous les couvertures, les soirées se plongent dans des bains chauds et les dîners s’alcoolisent juste ce qu’il faut pour supporter le froid dans les rues désertées. Et ce n’est pas franchement désagréable pour dire vrai.

vendredi 26 septembre 2008

Je ne travaille pas que sur Eger, je vais aussi à Felnémet de bon matin !

Dans ma nouvelle vie de prof de français langue étrangère en Hongrie, je travaille pour 4 lycées. Je fais 20 heures par semaine, j'ai 20 classes différentes, soit un peu plus de 200 élèves entre 15 et 19 ans, des niveaux différents, des ambitions différentes, une motivation pas toujours au beau fixe. Deux des lycées sont en centre ville, ( un public et un privé catho ), un autre en banlieue et un dernier dans un village à côté ( Felnémet) dans lequel je fais 5h le jeudi. J'adore ce lycée, il a été construit en suivant les plans d'une yourte, le directeur a la quarantaine et mes collègues sont jeunes et très open minded. Le français y était enseigné en première langue, j'ai donc des vrais petits génies avec qui je m'éclate à faire des débats, des initiations à la dissert, avec qui je parle philosophie et modernité, qui me donne leur bon plan pour sortir le samedi soir. Ca me change des " Je m'appelle Elsa, et toi? ".
Quant au métier de prof et ce que les gens exterieurs en pensent, je peux vous dire que j'ai des choses à dire... mais cela fera l'objet d'un prochain billet; en attendant mes déblatérations, voici le lycée en images :



mercredi 24 septembre 2008

L'appartement du roi Mátyás : La chambre

Non. Je n'ai pas encore touché la chambre. Je me laisse ça pour le mois d'octobre... Comme vous pouvez le voir, ma penderie est une bibliothèque. Les mauvaises langues qui s'imaginent que je suis partie avec 5 paires de chaussures et l'équivalent en blouses, pantalons, jupes et chemises pourront voir que non, je suis une pauvre de l'habillement. Et oui, je m'habille quasi tous les jours pareil vu que j'ai pris le minimum essentiel au revêtement de mon corps. La prise de tête devant la penderie pour moi, c'est malheureusement fini....


Si toi aussi tu veux ta photo sur mon mur devant mon bureau, comme Rodrigo, Aurélie et mes copains du CAPES, n'hésite pas à m'envoyer ta photo par courrier postal. Je te collerai sur mon mur avec plaisir.
Sinon tu peux aussi m'envoyer des images ou une carte postale, ça me ferait chaud dans mon coeur.

mardi 23 septembre 2008

L'appartement du roi Mátyás: La cuisine

La suite de la visite continue.
Bon la cuisine, c'est une cuisine. Je l'ai laissée telle quelle, orange. ça me change de ma cuisine-couloir parisienne. Et le truc de toutes les couleurs, c'est mon emploi du temps de malade. Grâce à Dieu, je ne travaille pas les vendredis.


lundi 22 septembre 2008

L'appartement du roi Mátyás : La salle d'eau

Ma salle de bain, c'est mon plus grand bonheur. Car oui l'ami, elle est dotée d'une baignoire dans laquelle je réchauffe mes petits os. Le soir, je me sers un grand verre de blanc, je mets mon ipod sur Stan Getz et je me plonge dans l'eau bouillante. Mon sens écologique est mort dans les bulles de savon. Elle aussi avait souffert du coup de pinceau de la prof présente dans les lieux avant moi. Elle avait dessiné un vague carré bleu clair bizarre au dessus de la baignoire. J'ai agrandi le carré en un long rectangle (mais je vais tout repeindre, je pense), mis du bleu plus foncé et passé un fin trait le long du mur. Et j'ai installé Paulette et Jeanette sur le rebord de la fenêtre. Le résultat est époustouflant de modernité:





Notez le chauffage dernier cri.

dimanche 21 septembre 2008

samedi 20 septembre 2008

L'appartement du roi Mátyás : Le salon

Rappelez-vous avant le salon, c'était un peu la fête du slip. Du rose, du orange, une grosse fleur au milieu, du vert et du parme laid; bref fallait que ça change ... Habitant au RDC, je suis de plus peu pourvue en lumière du jour qui est belle et bourrée de vitamine E (si je veux). J'ai donc repeint le tout à l'aide de mes camarades Anna, Camille ( le seul garçon de la bande de peintres), Pauline et Sarah. Ce fut intense et long. Plusieurs couches de blanc furent nécessaires pour effacer l'horrible rose. Le résultat est splendide. Du blanc et du bleu canard. J'ai changé le lampadaire en bois par une boule en papier de riz, j'ai recouvert le canap et le meuble TV d'un drap bleu, j'ai posé quelques bougies qui sentent bon, et le tour était joué. Je suis enfin chez moi ! Bon, j'ai encore la chambre à repeindre mais bon, le plus dur est fait.


La visite peut commencer...


bon c'est vrai que le bleu n'est pas tres droit :)

vendredi 19 septembre 2008

Quelque part vers l'Est

On ne sait pas toujours à l’avance où nous mène un voyage. C’est, sans nulle doute, dans cette zone d’incertitude que réside tout l’intérêt de l’exil. En partant de Paris, je m’étais imaginée une Hongrie immense, froide et post-soviétique, je me suis retrouvée dans un petit pays baigné de soleil aux allures de grand village, où les gens sont souriants, gentils, serviables, où les hommes sont galants et l’architecture baroque sans être chargée.
Alors que j’imaginais un voyage introspectif avec de longues soirées solitaires et glaciales, je me retrouve devant un périple dans lequel les activités, les sorties, les excursions, les rencontres sont plus abondantes chaque jour. Et si les pays de l’Est ne sont pas « confortables » pour une Européenne de l’Ouest comme moi, si je préfère vraiment le Douro au Danube, si la Daurade grillée me manque vraiment, il y a quelque chose dans l’air hongrois qui me plaît.
Je ne sais pas encore quoi. Il me reste 10 mois pour le découvrir....

mercredi 17 septembre 2008

Petite visite d'Eger

Eger c'est très petit mais pas du tout vide. Un club, 7 lycées, autant d'églises, une grosse basilique, des cafés et des pizzerias, une place principale, un château, des vignobles, du super bon vin, de la glace au yaourt, une piscine couverte, des bains thermaux, un bain turc ... Voici quelques photos pour vous donner envie de venir boire de l'Egri Bikaver avec moi ( sang de taureau - un vin noir velouté sec et délicieux ).


lundi 15 septembre 2008

Les aventures alcoolisee d elsa en Hongrie

J'avais prevu toute une serie de photos de la ville mais le wifi sur la place ne tient pas vraiment la route et au lycee pour le moment je ne suis pas en wifi, du coup les photos de brocante, de Eger, de mon nouvel appart attendront un peu que je mette la main sur une connection moins pourrie...
En attendant sachez que j'ai passe mon week end entre effluves d'alcool et de peintures. Ce samedi avait lieu sur Eger et ses environs une pleiade de petites fetes rustiques et sympathiques, nous avons choisi la fete "des plats cuisine au four" et on a eclate nos bides a base de strudel aux graines de pavot et de jus de pommes fraichement presse. Le principe est simple, les gens du village ouvrent la porte de leur maison et proposent des plats qu ils preparent sous vos yeux et enfournent ensuite. Pour 700 forint soit moins de trois euros, j ai deguste du porc enroule dans du lard avec un soupcon de confiture de groseille, des pommes de terre et du choux et en dessert du strudel evidemment.
Le soir meme un concert de rock alternatif avait lieu dans la maison de la jeunesse, on a ecoute le son de la guitare a l aide d une liqueur aux plantes tres desinfectante, avis aux amateurs de cirrhose...
Et lucky thing pour ceux qui viendront me voir, Pauline et moi avons mis la main ensuite sur un club rock gratuit dans une sorte de crypte en forme d etoile, un truc space ou la biere coule a flot et ou les filles se pavanent soit en short soit en robe longue noire. La faune est un peu jeune mais dans l'obscurite, je presume que mes eleves ne reconnaitront pas le taux d alcool dans mes veines.
Dimanche operation M6 Deco. On a repeint a 4 les murs de mon appart et ceci avec de la belle gueule de bois et du jus d'ananas. Le resultat est fameux.
Superbe teasing, n est il pas?
PS: Sinon, j ai besoin d un volontaire pour venir tuer les salopes d araignees qui viennent se nicher aux quatre coins de mon appart et qui, je dois bien le dire, me rendent folle.

jeudi 11 septembre 2008

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur mes amis Hongrois sans jamais oser vouloir le savoir.

Petites généralités débiles part 2


Les Hongrois s’appellent tous pareil. Je recense dans mes classes : 5 Adam, 4 Orsi, 5 Dora, 3 Vivienne, 3 Balint, 4 Peter…

Les Hongrois sont serviables même quand ta deuxième phrase est Francia Vagyok ( je suis française) et la troisième Do you speak english ?

Les Hongrois sont comme les Français, comme les Portugais, comme les Espagnols : pressés et impolis dans la queue de supermarché. Façon m’en fout, j’comprends rien à ce que tu m’ racontes, mec.

Le Hongrois moyen n’aime pas trop son pays : trop petit, peu d’avenir, trop de pauvreté, aucune aide de l’état pour des mères célibataires qui culminent à 300 euros de salaire par mois. D’ailleurs, le Hongrois ne se reproduit presque plus, fume à mort, se suicide, divorce… bref 10 millions de Hongrois en Hongrie, autant que de franciliens, autant que de Portugais sur une surface divisée de moitié.

et pourtant:
Le Hongrois est nationaliste et ne s’en cache pas. Il aime sa langue. Un véritable cas particulier pour les linguistes. Il n’aime pas son pays mais halte là si tu le critiques. À Eger, j’ai vu en pleine rue un jeune d’une vingtaine d’années habillé en skinhead. Tee-shirt logo hitlérien, lacets blancs… heureusement que j’étais dans le bus…

Le jeune lycéen Hongrois est discipliné sauf les deux petites connasses de terminale qui mardi se sont mises à écouter leur merde de r’n’b sur leur mp3 devant mon nez… Fort pour un premier cours, mais elles vont me le payer. La semaine prochaine, je sépare ces deux greluches.


mais je l'aime bien cet Hongrois ...

mercredi 10 septembre 2008

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur mes amis Hongrois sans jamais oser vouloir le savoir.


Petites généralités débiles part 1.

La Hongroise confond s’habiller sexy et ressembler à un travelo.
Du coup, c’est un peu la fête du slip dans les rues. C’est simple : on reconnaît les Étrangères au cm2 de tissu qu’elles ont sur le corps. Une de mes élèves Orsi est ainsi arrivée en cours hier matin avec une jupe en jean délavé strassé juste assez longue pour cacher la couleur de sa culotte, le string en dentelle qui dépasse comme il se doit, des mules à talon et un débardeur échancré blanc quasi transparent. Elle est adorable, certes, mais elle s’habille comme Katia.

La Hongroise est bicolore. Elle adore se teindre les cheveux mais en deux couleurs. Blond sur le devant, rouge sur le derrière, la frange noir corbeau le reste blond platine et ainsi de suite. Difficile d’expliquer la laideur de la chose sans preuve icono à l’appui mais faite moi confiance, c’est assez immonde.

La Hongroise et le Hongrois aiment la techno-dance des années 90. La musique de kéké à base de synthé qui te décolle le tympa. Pas un seul bar rock sur Eger digne de ce nom. J’ai l’impression de revivre mon adolescence musicale, Ace of base en force sur Eger.


Le Hongrois de plus de 30 ans est gras du bide et adepte de la calvitie cachée et soignée à coup de gel extra-fort. Dites 18 ans, c’est plus du détournement de mineur, si ? ☺


La suite demain !

mardi 9 septembre 2008

le clavier höngróis, un gránd pláisir

Blogger depuis un clavier QWERTZ est une vaste blague. Quand celui-ci est destine a un public hongrois, c'est encore plus chouette. Vous excuserez donc le manque d'accents et tout le toutim.
La ville d'Eger est tres petite, elle reunit pres de 60 000 habitants. Mais, contre toute attente, je m'y sens bien. J'anticipe deja la deprime quand je vais passer de mon 55m2 actuel au 23m2 parisien. Mais pour l'instant, je profite de ma nouvelle vie de prof et d'Egeroise. Bain thermal le jeudi dans des eaux turquoises a 38 degres... Palinka le vendredi soir dans un minuscule bar tapisse de grenouilles et dans lequel je trinque avec mes eleves pour la plupart habillees comme si elles travaillaient rue saint denis et avec les habitues du bar aui culminent 4G dans chaque bras. Week end brocante a Miskolc et baignade dans un immense lac gele alors qu il fait 40 degres dehors. Petits stages pedagogiques sur Budapest, excursion en Ukraine...
Pas mal de jeunes enseignants qui participent a ce programme se plaignent du peu d animation en Hongrie hors capitale, de la langue hongroise indigeste, du rythme de vie hongrois trs matinal, mais moi, je m y sens bien. Disons que je suis contente de vivre de nouvelles choses, de rencontrer de nouvelles personnes, de jouer dans la teacher team de basket du lycee, de manger du lecso ( ratatouille hongroise ), de me lever a 6h du matin, de repeindre mon appart...
qu il est bon, ce petit vent frais sur ma vie poussiereusement parisienne.

jeudi 4 septembre 2008

Rentrée !

Elsa en direct de la place Dobo à Eger. L'hotel de ville étant en wifi, je squatte un banc et vous gratifie d'un petit billet sur ma rentrée scolaire.

Je suis enseignante dans trois lycées, un en centre ville et un autre en banlieue et le dernier dans un village à 35-40 min de chez moi en bus. Mes élèves pour l'instant ont entre 16 et 20 ans pour les plus âgés. Alors qu'auparavant le français figurait en bonne place, il est aujourd'hui en perte de vitesse et peu d'élèves, voire plus aucun, ne le prend en première langue. L'anglais a tout ravagé et les Hongrois qui se rendent bien compte que leur langue n'est parlée que par 12 millions de personnes dans le monde, apprennent deux voire trois langues assez rapidement.
Après une cérémonie avec hymne national et grand discours du proviseur, j'ai commencé mes cours.
Mes élèves ont peur.
Dès que je me mets à parler, ils deviennent livides et dès que je lance innocemment le mot de Sorbonne au coin d'une phrase, ils laissent échapper un grand " Oh!". C'est ainsi que ce matin à 8h, j'ai dompté des élèves qui visiblement préféraient eux aussi finir leur nuit.
Il faut savoir qu'en Hongrie, la journée commence tôt et se finit tôt aussi. Debout 6H, couchée à 22H ( enfin pas vraiment dans mon cas... hum hum ). Le soleil se lève vers 5H et se couche vers 19H, aucun décalage horaire avec la France pourtant.

La Hongrie est VRAIMENT un pays ... unique.

mercredi 3 septembre 2008

Utca 55

Szia les copains!

Je suis sur un point fon, assise sur un coin de rue, mes minutes sont donc comptées. Pas vraiment de cybercafé au pays du paprika, juste un peu de wifi dans un de mes lycées .J'ai 55 m2 pour moi toute seule et j'habite à la périphérie de la ville. Le bus est mon meilleur ami.
Il est meublé et avec une baignoire et trèèès grand, certes, mais au rez de chaussée. Ce qui signifie peu (vraiment peu) de lumière, des barreaux aux fenêtres et la peur qu'un Hongrois fou de mon accent magyar pourri se décide à venir toquer à ma fenêtre en pleine nuit.
Mais le plus drôle, mis à part le mobilier soviétique qui s'effondre, c'est la peinture de l'ancienne locataire qui pendant les longues soirées d'hiver s'est éclatée à repeindre l'appart de TOUTES les couleurs. Bleu, mauve, jaune, orange. J'ai la gerbe rien qu'en ouvrant les yeux. Du coup, depuis 2 jours, je repeins en blanc... en plus ce sera plus lumineux.

Puisque les images valent tous les beaux discours voici mon MAGNIFIQUE salon.

lundi 1 septembre 2008

à moi les petits magyares

Je sais, je vous manque déjà terriblement.
Va falloir attendre un peu avant que je squatte un point fon dans ma petite ville ou que je trouve un Starbucks dans le coin; mais c'est promis dès que je peux, je viens ici vous raconter ma nouvelle vie de jeune prof.


Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...