dimanche 26 octobre 2008

Return to innocence / II


Ce n’est pas le métier le plus dur du monde, c’est vrai mais c’est un métier beau et difficile. Parce qu’on ne peut compter que sur soi, parce qu’on est seul maître à bord de son navire et qu’au final, comme beaucoup d’autres professions, on a une certaine responsabilité sur les petits êtres qui vous regardent méchamment. Quand on est prof, il vous est impossible de vous cacher, impossible de se donner qu’à moitié. Un peu comme un comédien sur une scène, le prof est regardé sous toutes les coutures pendant toute la durée de son cours et rien que ça, c’est franchement crevant. Imaginez-vous travailler sans cesse sous des dizaines de petits yeux inquisiteurs et la plupart du temps malveillants. Comme si le banquier avait sans cesse par-dessus son épaule, son patron les yeux fixés sur son écran. Imaginez un ophtalmologue consulter une personne qui refuse d’ouvrir les yeux… Rien de plus difficile que d’enseigner une langue à des personnes qui ne veulent pas l’apprendre, qui sont là parce qu’ils doivent l’être. Vous n’y êtes pour rien et eux non plus finalement. Mais voilà ça fait chier tout le monde et on n’ avance pas d’un iota. Les personnes pour qui vous êtes censés travailler refusent de vous laisser le faire et la plupart du temps quand la cloche sonne, on se sent inutile. Vos efforts ne servent à rien, ils auront oublié ce que vous venez de leur dire dix secondes après l’avoir entendu. Mais je m’en fous, pour ma part, je répéterai cent fois s’il le faut.

Je bosse 20h par semaine depuis un mois et demi ( en réalité avec les cours en extra je fais environ 24h sans compter les stages pédagogiques) c’est moins qu’un psy, qu’une caissière ou qu’un éboueur. Loin de moi l’idée de comparer la difficulté de nos métiers respectifs, mais heureusement que j’ai 10 jours de vacances devant moi, pour m’asseoir, retrouver mes cordes vocales, me lever après 7H, oublier les petits yeux sur les traces de craie sur ma jupe noire, laisser le lycée à quelques kilomètres derrière parce que sinon ce serait juste impossible.

vendredi 24 octobre 2008

Return to innocence / I



Tout le monde connaît l’école pour s’être assis, il y a bien longtemps, derrière des petits bureaux en bois, pour avoir des amis, des parents, des voisins profs. Tout le monde a son avis sur l’éducation, sur ce qu’elle devrait être ou ne pas être, sur ce que certains font mal, sur ce que d’autres réussissent d’instinct. Un de mes élèves m’a dit la semaine dernière qu’il ne savait pas ce qu’il ferait après le bac mais que surtout il ne voudrait pas être prof. Un de mes collègues m’a avoué avoir détester toute son adolescence les profs. Je n’ai jamais voulu l’être. Certains de mes amis, les plus proches d’ailleurs, ne comprennent pas mon choix de le devenir. Je crois qu’au fond, je ne le sais même pas moi-même. Une chose est sûre, si j’avais pu faire autre chose avec mes études littéraires qui ne servent à rien, j’aurais sûrement choisi autre chose. Mais voilà, quelque part quelqu’un a décidé que je le serais au moins pour une certaine période. Mon point de vue sur l’éducation s’est donc déplacé de derrière ce petit bureau en bois jusque sur les bancs de l’IUFM puis sur cette estrade devant ce tableau noir. Maintenant, je sais ce que la plupart du temps, les gens ne font qu’imaginer et critiquer avec plaisir. Tout le monde a son petit avis sur la question de l’éducation parce que tout le monde croit y avoir touché. Or rien n’est plus faux. Etre devant une classe, parler à des élèves, être regardé comme un prof ne s’imaginent vraiment pas.
Les chauffeurs de taxi sont des voleurs, les médecins des salauds qui s’en mettent plein les poches, les banquiers des escrocs, les flics des benêts et les caissiers des ignares. Le prof, lui selon la légende urbaine, ne fout rien. Ah oui, vraiment ?

La suite demain, je fractionne un peu sinon ce serait indigeste. Déjà que bon....

mercredi 22 octobre 2008

Je pense bien à toi, tu le sais j'espère.


Des fois, le ciel est bleu et sans nuages, la terre verte et fertile, et pourtant quelque chose cloche. Quoi donc ?
La réponse est sur la photo.

Demain c'est commémoration de la Révolution de 1956 ! Ce qui veut dire jour férié et début des vacances ! AH AH AH !!! Elsa est bien contente.

lundi 20 octobre 2008

Stop crying your heart out / The great gig in the sky

Le mont Bükk - 18 octobre 2008

La télévision est branchée sur TV5 monde. Le thé au jasmin et au miel dépose un fin cercle de sucre sur la table en bois. Je suis enfoncée dans un de mes fauteuils vert kaki à roulettes. Le genre de mobilier qui t’avale une fois que tu t’y poses, le genre de mobilier qui ressemble à des remparts une fois que tu t’y abandonnes. J’ai compté, dans mon nouvel appartement, je possède 16 murs différents, un canapé, deux fauteuils, 7 chaises dont une cassée sur le balcon.
J’ai tapissé les toilettes de flyers récoltés dans les bars de Budapest. Accroché des cartes d’Eger et de Budapest dans la cuisine et certaines de mes photos en A4 N&B sur le mur du salon. J’ai trois plantes, une fleur en tissu et un paprika qui fane accroché à un clou. J’ai gravé des Cds de Nina Simone et de Stan Getz pour les dimanches soir quand je m’allonge sur la moquette bleue pour vider les jours de la semaine dans les boucles synthétiques.
Sur l’écran, il y a des chameaux et des types sur un navire qui tirent sur un narguilé finement doré. Dehors le bus jaune et vert fait trembler les pavés. Nous sommes dimanche soir. Je suis en Hongrie.

dimanche 19 octobre 2008

Épatants petits hongrois

En Hongrie, deux jours pendant l'année les élèves de terminale ( 12° ) organisent deux jours de festivités. Ils créent un journal dont ils trouvent eux-mêmes les sponsors, cuisinent et vendent leur bouffe, décorent leur lycée et les salles de classe par thématique, réalisent et montent des films, font des jeux débiles... J'ai été frappé par l'investissement de mes petits morveux. Leurs films étaient juste époustouflants... En plus, ils faisaient vraiment attention à ne rien abîmer et plein d'élèves veillaient à nettoyer la cour centrale le plus souvent possible ... Bref, ce serait bien que le système éducatif français zieute comment les petits hongrois apprennent à faire marcher leur créativité.

Avant


Après




jeudi 16 octobre 2008

Que penses-tu de l'Ukraine ?

Dans mon imaginaire l'Ukraine ressemblait au périphérique parisien. Triste, gris, étouffant. En réalité, j'ai découvert un pays assez vert mais terriblement ébranlé par un passé communiste dirons-nous dévastateur. Mon idée de l'Ukraine n'a donc pas vraiment beaucoup changé et elle se résume maintenant à un cliché que j'ai pris depuis le bus. Des enfants seuls devant un bâtiment défraîchi et abandonné.

mardi 14 octobre 2008

Budapest, mon amour

Ce week end, j'avais une réunion pédagogique et une formation au théâtre éducatif à Budapest. Hôtel, transport et demi-pension payés, l'occasion de retrouver les 22 autres jeunes profs français sur la Hongrie et faire la fête jusqu'au petit matin. J'en ai aussi profité pour m'acheter deux-trois fringues et tuer mon compte en banque pour des chaussures indienne à 40€ ( j'en peux plus, j'en peux plus ) et pour visiter le quartier juif et branché de la capitale hongroise. Budapest ressemble un peu à Berlin pour ses lieux alternatifs cachés, à NY pour ses somptueux et massifs immeubles et à Lisbonne pour son sol hachuré de lignes de trams. J'adore cette ville presque autant que la mienne. En plus il faisait 20°C avec un ciel bleu sans nuages et j'étais en bonne compagnie. Le paradis, ou presque.


L'escalier du bar L'instant.


des petits poissons accrochés au plafond du bar L'instant.


Une caisse défoncée près de la place Déak Ferenc


Le beau Danube bleu

Le restaurant Cyrano dans le côté Pest de la ville. Une rue commerçante noircie de monde


Je suis navrée de ne pas poster aussi souvent que je le voudrais, mais j'ai vraiment un rythme dense et sans internet à la maison cela réduit considérablement le temps passé derrière l'écran. Ceci dit, je vous ai prévu des billets pour la semaine.
Bonne lecture ! Puszi !


jeudi 9 octobre 2008

Ukraine, ton univers impitoyable

Quand j'ai su que le lycée organisait pour 80 €, un voyage de 4 jours en Ukraine, j'ai sauté sur l'occasion et je me suis inscrite avec Anna. Ok, l'Ukraine c'est moins glamour que NY et bien que mon petit Hongrois (ahah) m'ait dit que c'était un trou paumé, j'y suis allée gaie comme un pinson. Après deux heures à la frontière et des billets glissés dans des poches pour pouvoir avoir son tampon plus vite sur son passeport, j'ai donc débarqué au pays du nucléaire ami. De la pluie, du brouillard, des vieux autobus, du ciel bleu et les couleurs d'un Automne affirmé....





mardi 7 octobre 2008

Devinette de l'Est

Quel pays d'Europe de l'Est ai-je visité ce weed-end?

( Ceux à qui j'ai révélé l'information sont évidemment priés de garder le silence )

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