vendredi 24 octobre 2008

Return to innocence / I



Tout le monde connaît l’école pour s’être assis, il y a bien longtemps, derrière des petits bureaux en bois, pour avoir des amis, des parents, des voisins profs. Tout le monde a son avis sur l’éducation, sur ce qu’elle devrait être ou ne pas être, sur ce que certains font mal, sur ce que d’autres réussissent d’instinct. Un de mes élèves m’a dit la semaine dernière qu’il ne savait pas ce qu’il ferait après le bac mais que surtout il ne voudrait pas être prof. Un de mes collègues m’a avoué avoir détester toute son adolescence les profs. Je n’ai jamais voulu l’être. Certains de mes amis, les plus proches d’ailleurs, ne comprennent pas mon choix de le devenir. Je crois qu’au fond, je ne le sais même pas moi-même. Une chose est sûre, si j’avais pu faire autre chose avec mes études littéraires qui ne servent à rien, j’aurais sûrement choisi autre chose. Mais voilà, quelque part quelqu’un a décidé que je le serais au moins pour une certaine période. Mon point de vue sur l’éducation s’est donc déplacé de derrière ce petit bureau en bois jusque sur les bancs de l’IUFM puis sur cette estrade devant ce tableau noir. Maintenant, je sais ce que la plupart du temps, les gens ne font qu’imaginer et critiquer avec plaisir. Tout le monde a son petit avis sur la question de l’éducation parce que tout le monde croit y avoir touché. Or rien n’est plus faux. Etre devant une classe, parler à des élèves, être regardé comme un prof ne s’imaginent vraiment pas.
Les chauffeurs de taxi sont des voleurs, les médecins des salauds qui s’en mettent plein les poches, les banquiers des escrocs, les flics des benêts et les caissiers des ignares. Le prof, lui selon la légende urbaine, ne fout rien. Ah oui, vraiment ?

La suite demain, je fractionne un peu sinon ce serait indigeste. Déjà que bon....

3 commentaires:

andelimal a dit…

Bonjour Elsa. Une amie – qui a du inscrire mon nom dans Google – m’a dit que tu me mentionnais dans ton blog, ce qui m’a paru sympathique. Ce que tu écris à mon propos me touche sincèrement. J’ai écrit plusieurs textes depuis l’époque où nous nous sommes rencontrés et j’ai signé l’année dernière un contrat de publication aux Editions de la Table Ronde. Naturellement, tout reste compliqué car on ne peut compter sur personne, et je suis actuellement en délibérations ailleurs… Du coup, j’aimerais beaucoup ne pas trop trainer cette image d’écrivain maudit qui, hélas, transparait un peu dans ce que tu évoques. Des phrases comme « malheureusement, son livre n'est jamais sorti » ou « des efforts incalculables pour le faire publier dans les maisons d'édition dans lesquelles j'ai traîné mais rien à faire », même si j’y suis sensible, risquent de ne pas aider mes interlocuteurs à se décantonner de l’« avis général »… Evidemment, tes impressions sur mes textes sont un atout tangible aujourd’hui où tout le monde utilise Google pour savoir qui est qui, mais ces quelques détails ajoutent comme un bémol. Voilà. J’espère que tu ne profiteras pas de ce message pour faire publiquement savoir sur ton blog que j’ingère abusivement dans son contenu et tente de m’opposer à ta liberté d’expression… Tu peux m’écrire si tu veux. J’espère que tu vas bien et t’embrasse, Antonin

Elsa a dit…

Cher Antonin,
Ravie que tu sois "en voie de publication"... Tu peux me compter d'ors et déjà comme lectrice assidue.
Je dois avouer que ton message m'a beaucoup surprise, bien sûr je sais, ( pour en avoir fréquentés pas mal avec VOUS mag) à quel point les jeunes artistes sont soucieux de leur image, mais bon c'est toujours bizarre de recevoir un message qui vous demande de réctifier ou de retirer des propos dont on ne souvenait même plus :D.
Comme tu le dis toi-même, quelque part tu "entraves"quand même un peu à ma liberté d'expression en me demandant de retirer des propos écrits il y a plus d'un an. Mais sans aller jusque là, parce que j'aime beaucoup ton travail, que ton message est tout à fait cordial et que je n'aime pas froisser les gens, j'ai retiré mon article.
Malheureusement Google fera encore apparaître ton nom sur mon blog pendant quelques semaines...
Bonne chance pour la suite !

Elsa

andelimal a dit…

Elsa,
Je conçois que mon message avait un petit côté « cheveu sur la soupe » dont je suis désolé. En même temps, je trouve ça plutôt marrant…
Cela dit, si tu me permets, il me semble que ton interprétation en est un chouille à côté de la plaque – tu ne m’en veux pas ? D’abord, je ne suis pas « en voie de publication ». Comme je te l’écrivais, les choses sont encore super compliquées étant donné le peu de soutien dont je dispose (euphémisme), ou alors ça fait dix ans que je suis « en voie de publication » et ça peut encore durer des lustres.
Ensuite, je ne crois pas être particulièrement "soucieux de mon image" (quelle image ? en ai-je une, d’image ?), c’est simplement qu’une amie m’a signalé que ton article (qui, je te le répète, moi, m’a sincèrement touché) laissait un iota entendre que j’étais un cas désespérant au sens propre (une cause perdue ?) et que tout éditeur appréciant un de mes textes (ça arrive aussi souvent qu’une année bissextile…) irait forcément taper mon nom dans Google.
Je vais être très sincère : personnellement, être une cause perdue, ça me va, je trouve ça drôle au fond ; il m’arrive même de le penser secrètement.
Du coup, je me sens tout con d’un seul coup de m’être laissé gagner par cette lubie débile ; je dois être trop influençable… Mais peut-être n’était-ce qu’une occasion pour nous d’échanger quelques lignes...
Je t’embrasse.
Antonin
Et promis, si un jour quelque chose émerge de tout ça, tu seras la première informée.

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