mardi 30 décembre 2008

Le suomi ce serait même plus facile je suis sûre.

J'ai mangé des sushis, une crêpe bretonne, de la raclette, des pancakes maison et du poisson frais.
J'ai vu l'Opéra Garnier, la Tour Eiffel bleue, les Galeries Lafayette illuminées, le Louvre by night, la Grande Roue des Tuileries de loin, Saint-Denis, Verrières-Le-Buisson et le Sacré-Coeur. J'ai vu des amis, des potes, des voisins et ma famille.
J'ai rêvassé jusqu'à tard dans mon lit, arpenté les rayons de Monoprix, fouillé ma bibliothèque poussiéreuse, remis des vieilles fringues, dormi bien profondément sous ma couette.
Matei a saudade como pude.
Mais maintenant, il faut rentrer en Hongrie.
Retrouver le chou farci, la soupe à la tomate, les ruelles jaunes d'Eger et les Kerts géniaux de Pest.
M'endormir de nouveau dans l'Agria Volan, retrouver la craie blanche et les tableaux noirs. Se réveiller de nouveau à 6H15 du mat et perdre encore 1H30 de soleil par jour.

Ah c'était bien ça, le soleil qui ne se couche qu'à 17H30...


Vienne, 6 décembre 2008


lundi 29 décembre 2008

J'aimerais épouser Abd Al Malik.

Quelques fois, j'aimerais pouvoir parler politique avec mes élèves. Justement parce qu'ils ont l'air de ne pas avoir du tout les mêmes idées que moi et que discuter c'est aussi ne pas être d'accord et l'accepter.

Parler de politique parce que c'est un sujet important à mes yeux mais avec des élèves dans le cadre du lycée ce n'est pas non plus chose aisée. J'ai tout sauf envie de virer dans le prosélytisme occidental aveugle, de me la jouer missionnaire du bien pensant. Et même si j'ai une liberté quasi-totale pendant mes cours et que je peux un peu tout faire passer pour de la civilisation, j'évite les abus. Alors la plupart du temps pour aborder cette thématique, je leur fait regarder un document vidéo et je les écoute se parler entre eux. J'écoute, je pose des questions et j'évite soigneusement de les juger ou de parler en mon nom.

Deux semaines avant Noël, j'ai fait écouter à une classe de terminale Ma France à moi de Diam's. La politique est un bon moyen de faire parler les adolescents. Et pourtant cette chanson est particulièrement difficile pour des non francophones. Bourrée de références à la "culture" française, et très partisane mais je la trouve assez pertinente, dans l'air du temps comme dirait l'autre. Ce fut l'occasion pour moi de comprendre un peu mieux le système politique hongrois qui m'a l'air assez compliqué et de faire parler les élèves les plus muets. Mais ce fut encore et toujours l'occasion d'entendre mes élèves de 16 ans parler des tziganes comme les nazis parlaient des juifs et ça, c'est difficile à vivre parfois.


Et pendant que j'y suis, sur clap 36 vous pouvez visionner l'excellent documentaire de Christophe-Emmanuel Del Debbio sur la couverture médiatique des émeutes de 2005 après la mort de Bouna et Zyed à Clichy-sous-bois.


jeudi 25 décembre 2008

27 ans et après ?

J'ai une arrête coincée dans le creux de la gorge depuis quelques jours. Une sensation qui gratte, qui démange et qui commence à m'irriter. Je tousse, elle disparaît et revient me hanter par moments.

Quand j'étais ado, que je croyais en Dieu et que je faisais du catéchisme, il y avait une phrase qui m'intriguait beaucoup dans la Bible: " Deviens ce que tu es". Je me demandais toujours ce que cela pouvait bien signifier. Le prêtre que j'avais questionné à ce sujet m'avait répondu certes, mais sa réponse me semblait plus obscure encore. J'ai passé comme ça des semaines, des mois, des années à me demander ce que pouvait bien dire le livre saint. Et un jour, j'ai cessé d'y réfléchir. Je ne comprenais pas comment on pouvait devenir soi, c'était une aberration à mes yeux, un contre-sens inventé par la religion.

Mais plus j'avance, plus je vieillis, plus je rencontre des gens, plus je voyage, plus je me trompe, plus je fais des erreurs, plus je comprends cette phrase.


mercredi 24 décembre 2008

Souvenir de Paris / Boldog Karacsony !

Après quelques jours avec une copine sur Budapest, je suis rentrée en sa compagnie sur Paris. J'étais super excitée de rentrer surtout après avoir vu partir tous mes potes franco-hongrois. Paris Orly 15H05. Les gens autour de moi parlent ma langue, je peux lire les affiches et les pubs dans le métro, je reconnais le paysage. Quatre mois plus tard, je suis à la maison.

Mes élèves me demandent souvent ce qui me manque de la France. Je réponds généralement le fromage ( putain c'est vrai qu'ils mangent du plastique, les Hongrois...) et puis quand j'ai envie de développer et que je suis face à des personnes avec qui j'ai envie d'échanger un peu plus que des banalités, je parle du métro: du cosmopolite métropolitain, de la pluralité de Paris. J'essaye de leur faire part de ce sentiment très personnel, celui d'appartenir à une ville pleine de racines et d'origines où personne ne se ressemble. Et ceci même si j'ai appris à mes dépends cette semaine, que tout ce que l'on ose dire, même dans l'air, peut être retenu contre vous, je parle avec eux de ce que je ne comprends pas en Hongrie et que j'aime au contraire en France et réciproquement.
La richesse de ce voyage est sans limite, mais j'avoue qu'hier aprem à l'aéroport avec mes amis A & E, hier soir autour d'un somptueux dîner avec ma famille d'adoption puis sous ma couette blanche dans mon petit appartement parisien, je n'avais plus du tout envie de retourner en Hongrie, mais alors plus du tout.

J'aurais encore plein de choses à dire sur le fait de revenir, sur le fait de partir, sur le fait de se réveiller un matin et sur plein d'autres choses qui vous crève le cœur mais je vais me contenter pour ce soir de vous souhaiter un Joyeux Noël.


mercredi 17 décembre 2008

Continuamente me estranho



Não sei quantas almas tenho.
Cada momento mudei.
Continuamente me estranho.
Nunca me vi nem achei.
De tanto ser, só tenho alma.
Quem tem alma não tem calma.
Quem vê é só o que vê,
Quem sente não é quem é,

Atento ao que sou e vejo,
Torno-me eles e não eu.
Cada meu sonho ou desejo
É do que nasce e não meu.
Sou minha própria paisagem,
Assisto à minha passagem,
Diverso, móbil e só,
Não sei sentir-me onde estou.

Por isso, alheio, vou lendo
Como páginas, meu ser.
O que segue não prevendo,
O que passou a esquecer.
Noto à margem do que li
O que julguei que senti.
Releio e digo: "Fui eu?"
Deus sabe, porque o escreveu.

Fernando Pessoa


mardi 16 décembre 2008

Les claquettes à la hongroise

Je vous parlais hier de la néptánc: la danse folklorique hongroise où les mecs font des bonds de cabris en frappant sur leurs bottes en cuir noir. J'ai finalement trouvé des vidéos sur youtube. Sachez qu'en vrai, c'est quand même beaucoup plus époustouflant ! Enfin moi, j'adore...






lundi 15 décembre 2008

Dans mon lit hier soir, un être poilu a surgi

Basilique d'Eger, vendredi 12 décembre 2008 - 7h05

Ce n'est pas parce que des connards ont cru que mon blog était dévoué à la Hongrie que je vais cesser de parler d'elle par esprit de contradiction.

Ce week end, j'étais à Budapest, capital du bonheur comme ne dirait pas Éluard. Je me suis essayée à la création de bougies, à la confection d'anges en maïs, au pain d'épices décoré et à la danse folklorique hongroise. Une danse où les mecs bougent carrément plus que les filles. Ils tapent dans leurs mains et sur leurs bottes tellement fort qu'ils finissent avec les mains en sang quand ils y sont allés comme des bourrins. Bref c'est vraiment hyper impressionnant à voir, j'essayerais de faire une vidéo pour que vous puissiez voir de vos yeux.

Quant à Hier soir, alors que je matais tranquillement un DVD une araignée velue et sordide est venue se balader sur mon corps. Après un bond, un cri, et beaucoup de panique, j'ai réussi à me rendormir 3 h après. Autant dire que je suis fatiguée...

mardi 9 décembre 2008

Sűrűsödik / Növekszik

Je ne pense plus rentrer en France l'an prochain.

Bien sûr, je n'ai pris aucune décision. Il est encore trop tôt. Mais en regardant les programmes d'échanges avec le ministère de l'éducation, je me suis rendue compte à quel point il m'était aisé de traverser le monde en étant payée suffisamment sans travailler trop, le tout avec un VISA de travail sans avoir à lever le petit doigt. La limite pour la plupart des pays est de 30 ans, je vais en avoir 27. J'ai trois ans pour en profiter.

En choisissant un pays anglo-saxon, j'améliore mon anglais, en prenant le Portugal, je décide de plonger dans mes racines et si finalement je renouvèle mon contrat hongrois, j'approfondis mon approche de cette étrange tribu magyare. À voir, donc. J'vous dit ça, mais si ça se trouve, je vais pleurer mes trottoirs parisiens en juin et plier bagages en 45 sec chrono; ou bien je vais m'envoler vers le pacifique... We'll see...


Erik Sumo Band: This is where it began.




À écrire dans ton cahier de vocabulaire:
Sűrűsödik: s'épaissir.
Növekszik: grandir.

lundi 8 décembre 2008

Vienne: 2. Frohe Weihnachten !

Une fois réchauffées et le ventre bien plein. Nous nous sommes baladées dans les rues viennoises remplies de touristes et de guirlandes électriques; ça parlait français, anglais, allemand, hongrois, russe...


À l'approche de Noël, la capitale autrichienne se pare de ses plus beaux bijoux. ça clignote dans tous les sens. Bon, c'est très joli, quoiqu'un peu ostentatoire quand même... On aura compris, très vite qu'ici, la crise n'a pas fait les mêmes dégâts que chez les voisins.
Certes, un jour, c'est un peu court pour jauger et juger une ville, mais si c'est vrai que c'est assez mignon, je n'ai pas trouvé que Vienne était une ville plein de vie. Une belle vitrine en somme.


dimanche 7 décembre 2008

Vienne: 1. Semer le Belge et trouver un café


Vendredi, je suis partie pour une journée à Vienne en Autriche. Un AR express pour visiter le marché de Noël et le palace de Marie-Thérèse. Le tout pour 8000 FT (30€). Départ à 4h du mat, retour à 24H. 7 Profs, une trentaine d'élèves, 6 h de bus.

Une visite épique qui a commencé par l'Hundertwasser village. Un bâtiment conçu par le peintre Hundertwasser, et qu'il appelait humblement "le paradis sur terre". Un coup de mastic ultra-coloré très proche de Gaudi, Vienne et Barcelone: même combat.
Puis nous avons mis rapidement le cap sur l'énorme château Schönbrunn. Le Versailles autrichien en gros. Un truc jaune pisseux que je ne trouvais pas spécialemement beau de l'extérieur. Audioguide en français, s'il-vous-plaît et rencontre de toute la smala: Marie-Thérèse, Sisi, Franz et biensûr notre sans-tête Marie-Antoinette.

À partir de 13h, nous avions quartier libre et avec ma pote Anna, on a essayé dans un premier temps de semer assez vite son colocataire belge qui est prof d'anglais, qui a 22 ans, qui nous collait, qui pue et qui en plus est moche. Une fois la mission réussie, nous avons décidé de nous perdre dans le centre ville de Vienne. Ni carte, ni guide et aucun notion de l'endroit où nous étions et de ce que vous voulions voir... Du voyage préparé comme j'aime. Dieu soit loué s'il existe, Anna est germanophone et nous avons donc pu nous trouver un petit coin chaud où boire un bon café et manger une pâtisserie comme tout bon touriste. Direction donc le café Heiner, mais pas de Sacher torte pour moi, j'ai dégusté un Sarah Bernhardt torte. Du chocolat fondant et de la noisette crémeuse...





samedi 6 décembre 2008

Un peu de culture hongroise, que diable !

Je continue dans ma sélection de musique hongroise pour mes lecteurs français qui n'en ont rien à secouer. Aujourd'hui, on dit bonjour à Péterfy Bori & Love Band. J'adore leur clip de Hajolj bele a hajamb.

Le voici donc:





vendredi 5 décembre 2008

Chanson du matin, raisin !

Ce matin, le réveil a sonné à 3H30 mais tu ne sauras que lundi pourquoi.
En attendant, vu que je suis la fille la plus sympa de l'Europe de l'Est, je partage avec toi "mon café auditif du matin". Le truc qui me réveille en 30 secondes (un exploit si tu connais mon caractère marmotte). Je sautille partout, je monte sur mon canap,' j'attrape la télécommande alias le micro, tout ça pour faire semblant que je comprends dans les paroles autre chose que iguen (oui), szeretem (j'aime),penték (vendredi), szabad (libre) et que szombat (samedi).

May I introduce you Kaukázus, un groupe hongrois qui me secoue bien:

Voici leur chanson Szalai Éva.




Attention ! Je ne sais pas vraiment si l'animation est d'eux ou pas...

jeudi 4 décembre 2008

Fin de journée au Sauna


Ma petite vie hongroise suit son petit bonhomme de chemin. La météo fait le grand écart et les vacances de Noël approchent.

Le petit blues de novembre exagéré par la fatigue et le surmenage a laissé la place à l'excitation des fêtes de fin d'année. Ici en Hongrie, la fin de l'année rime avec fêtes, bals, dîners, vin chaud et chocolat... Je suis invitée à pas moins de 4 tancmulatsag, à 3 dîners officiels sans compter les programmes de Noël (atelier de danse folklorique, atelier de création de cadeaux artisanaux...), quant aux baraques en bois qui vendent du vin chaud, elles fleurissent aussi vite que les guirlandes électriques.

Eger est redevenue Disneyland Hungary.
Les gens sortent leur gros nez dehors (malgré la neige et le verglas) et on a même droit à de la musique de noël dans la rue Széchènyi. Bref, à Eger on kiffe Karácsonyi.

Et ça tombe bien pour une fois: moi aussi !
Et pas seulement parce que lundi c'était ma névnapok
et que mes élèves m'ont ouvert la porte avec une boîte de chocolats, pas seulement parce que mercredi une autre classe avait dessiné sur le tableau mon prénom entouré d'un énorme "Karácsonyi ünnepeket !" et de petites étoiles, pas seulement parce que mes potes franco-hongrois ont organisé une soirée pour mon anniv, pas seulement parce que j'ai rencontré un petit Hongrois croquable en cas de petit creux, découvert au détour d'une rue une boutique inca tenue par une Péruvienne géniale, mais aussi parce que dans trois semaines, Hélène vient me faire des bisous en direct live pour mon születésnap et que je repars avec elle dans la foulée pour revoir mes petits copains parisiens et que, ça, ça fait chaud au cœur.


Apprend le hongrois en même temps qu'Elsa:
Karácsonyi: Noël
Tancmulatsag : Bal
Névnapok: Fête du prénom
Karácsonyi ünnepeket !: Joyeux Noël !
Születésnap: Anniversaire

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