mardi 31 mars 2009

Personne ne sait ce qu'il se passe aujourd'hui, parce que personne ne veut qu'il se passe quelque chose.

On ne sait jamais ce qu'il se passe, on sait simplement ce qu'on veut qu'il se passe, c'est comme ça que les choses arrivent.

© Get Misunderstood (Quantic Remix) / Troublemakers

La nouvelle version d'Original Platypus ( le site culturel qui ne ment jamais ) vient de sortir et elle vaut son pesant de cacahuètes. Et puisque OP aide à emballer, pourquoi se priver ?



lundi 30 mars 2009

You Can't Always Get What You Want...

Quand on est à l'étranger, il faut bien trouver des repères.
Voici le gâteau d'anniv que j'ai préparé à ma collègue d'Eger pour ses 25 ans.
J'étais assez fière de moi, je dois avouer.

... but who cares ?
Sometimes the unexpected is better.


dimanche 29 mars 2009

5 hommes dans une vie

Et oui, cela faisait un petit moment que je ne vous avais pas gratifié d'un petit top five. Il fallait remédier à cela au plus vite.

Génèse
En lisant un ELLE affalée sur mon sofa, je suis tombée sur un article sur Roland Barthes. Et comme à chaque fois que je vois son visage, j'ai eu envie de pleurnicher sa mort prématurée. Entre la fumée de mon thé et les notes de musique de Louis A. tout d'un coup une idée à germer en moi, si j'avais eu à faire le top five des 5 hommes qui ont changé ma vie spirituelle, Roland serait le premier...

Les V.

Roland Barthes. / philosophe /

Parce que c'est lui qui m'a guérie de mon premier chagrin d'amour.
«Le langage est une peau : je frotte mon langage contre l’autre.»
Fragments d’un discours amoureux

Egon Schiele. / peintre /

Parce que l'érotisme des couleurs, la douleur du trait, la profondeur des lignes...


Ernst Lubitsch. / réalisateur /

Parce qu'il réveille en moi le coton rose au milieu du gris urbain, me fait regretter de ne pas être née quelques décennies plus tôt...

Jon Por Birgisson. / chanteur /

En regardant le film Farinelli, il y a bien longtemps, j'avais appris qu'il existait ce qu'on appelle l'orgasme musical. Je préfère pour ma part l'appeler "extase" pour gommer un peu l'arrière plan érotique de la chose et lui conférant de fait un aspect plus mental, plus spirituel et moins charnel. Ainsi une nuit alors que je somnolais encore en écoutant mon ipod, le ramdom a choisi 1 de Sigur Ros. Je n'avais jamais vraiment prêté attention à ce groupe jusqu'alors...
L'album s'intitule ( ) et se fut justement pour moi comme une parenthèse sans ou avec trop d'oxygène. J'ai vraiment eu l'impression que je m'envolais... bref depuis Sigur Ros pour moi, c'est un peu comme une drogue dure.


Fernando Pessoa. / poète /

Parce qu'il m'a tiré quelques larmes, quelques sourires et quelques belles méditations. Parce qu'il est une lumière quand le tunnel est trop long.

jeudi 26 mars 2009

Nous nous sommes tant aimés

Vue depuis l'université de Debrecen, Hongrie. Février 2009

Ah quelle est étrange cette vie... ce qu'elle vous donne un jour, elle vous le retire le lendemain et s'amuse ainsi à jouer aux vases communicants devant votre nez ébahi.

Ce matin pendant que je faisais un atelier d'écriture avec des élèves, il s'est mis à neiger. Oui, vous avez bien lu. Nous sommes le 26 mars, début du printemps, le mercure est en berne et le ciel nuageux et IL NEIGE. Franchement...
Mais je ne désespère pas de mettre mes ballerines Repetto et ma veste officier achetées la semaine dernière alors que Paris brillait sous le soleil de mars. Je me vois bien faire cours sur la pelouse devant le lycée....

S'il se passe plein de choses à Eger en matière de théâtre, de cinéma et de musique en revanche niveau arts plastiques, ça sonne creux. Et ce matin dans le bus, alors que je somnolais en écoutant Boards of canada, je me suis rappelée que je m'étais promis de faire au moins une expo pendant ma semaine à Paris et qu'évidemment je n'avais pas respecté ma promesse.
Et c'est drôle parce que cette semaine justement, avec des copains, nous avons énormément parler d'art. Chacun citant les artistes qui l'inspiraient.

Voici en quelques images le bilan de ces conversations:

Moi, j'adore Egon Schiele



N. adore M.C. Escher


Division 1956 woodcut, second state

P. adore Francis Bacon



A. adore Nobuyoshi Araki

from the series "a world of girls"
b/w print 1983




et nous voilà plein de nouvelles images... Vive le partage de références culturelles !

lundi 23 mars 2009

Madame rêve

Ce matin, j'ai commencé mon cours par brancher mon ipod. J'ai demandé le silence le plus complet et j'ai appuyé sur play. La voix d'Alain Bashung est sorti des enceintes comme un énorme sanglot. Tu sais, Alain, la nuit, je mens moi aussi.
C'était ma manière de lui rendre hommage. Chaque début de cours souffrait de son absence et mes élèves bien que ne connaissant pas ce grand homme ont eu le regard triste en m'écoutant parler de lui.

Allez pour la peine un peu de musique hongroise. Voici Anima sound system, 68. Et moi, j'adore le clip.



Bonne semaine !

samedi 21 mars 2009

Ao longe, o mar.

J'adore mettre des titres en langue étrangère, je trouve que ça me ressemble bien. Moi qui, ces temps-ci, suis au carrefour de 4 langues. Après "Quoi de neuf ?" en hongrois hier, le titre du jour est portugais, tiré d'une chanson de Madredeus et signifie "Au loin, la mer".




En commençant ce billet, j'avais une idée précise de ce que j'allais y écrire, vous expliquez par A+B un truc que j'ai compris cette semaine sur moi et mon inconscient. Un truc du genre: il faut souvent se dire deux fois au revoir pour réussir un jour à se dire Adieu sans souffrir. Au final, même si un blog est un miroir tourné vers soi, il y a des choses que je n'ai pas envie de taper sur mon clavier, de livrer, de divulguer, de rendre public. Le pacte de lecture est clair, je m'y soumets.
Tous les mois, j'ai envie d'abandonner ce blog, ne voyant pas l'intérêt d'un tel geste aussi publico-privé, jugeant cette logorrhée parfois bien inutile, égocentrique, vaine, lassante. Et puis je me suis rendue compte que finalement il n'y avait que mes amis qui lisaient mon blog et que de fait, ils avaient une petite fenêtre ouverte sur ma vie. Quant au fait qu'écrire, représente pour moi une bouteille d'oxygène, je ne vous en parle même pas.
Mais ne vous méprenez pas, si je culmine avec ce billet à 902 articles sur ce blog, j'ai parallèlement des cahiers entiers noircis d'encre.
Ils ne racontent absolument pas la même histoire, et pourtant la plume est bien la même.




vendredi 20 mars 2009

Mi újság ?

Vous imaginez bien qu'avec tous mes AR à Budapest, en Roumanie ou encore en Ukraine, je suis passée maîtresse dans l'art de faire une valise. Et pourtant, c'est toujours la galère quand je viens en France et en repars.

À l'aéroport de Budapest la semaine dernière, ma valise exclusivement remplie d'alcools (palinka, tokaji, unicum & co ) et d'anthologies de la Littérature Française avait alerté l'oeil de la police hongroise. J'ai visité les locaux de la police et de la douane à deux reprises et j'avoue avoir été plus rouge qu'un poivron quand la douanière m'a demandée de sortir une par une les 5 bouteilles de ma valise...
Si jeune et déjà alcoolique...

Toujours est-il que faire ses valises quand on repart pour 4 mois loin de chez soi, c'est toujours une affaire compliquée. Cervantès ou Borgès ? Tee shirt vert ou blouse crème? Zara dorées ou Converses banches ? Du très hautement philosophique.

Des fois j'aimerais pouvoir déplacer mon appart en Hongrie, pouvoir rentrer chez moi après mes 7 heures de cours et allumer ma guirlande tsé-tsé, m'affaler dans mon fauteuil en cuir et boire un thé des sables dans ma tasse E chinée à NYC, ou encore rêvasser sur mon balcon en regardant la Tour Montparnasse s'éteindre petit à petit...

Partir, c'est laisser sa famille, ses amis, les rues de sa ville mais c'est aussi laisser les objets qu'on aime, vivre sans nous. C'est profondément matérialiste comme propos, je sais bien. Mais le bonheur de pouvoir m'asseoir en tailleur devant ma bibliothèque et piquer un livre au hasard, de regarder les photos de mes vieux albums en mangeant un carambar, ce bonheur-là, j'y renonce et parfois il me manque.

lundi 16 mars 2009

Amigos é para sempre, os outros vão embora.

Paris m'a accueillie avec un ciel sans nuages alors que mon coeur en était rempli. C'était gentil de sa part. Des rayons de soleil cognaient mes lunettes de soleil et j'ai sorti le sac en toile fleurie pour me rappeler l'odeur du sable chaud et de la crème solaire.
Le mois de mars ressemble un peu chez moi au mois de novembre. L'œil est humide et le moral prêt à se faire tordre au moindre coup de vent. On serre les dents pour garder le pli de la bouche dans le bon sens. On balance ses pieds de toutes ses forces pour qu'ils nous ramènent à la surface de l'eau. On dit souvent qu'il faut toucher le fond pour être capable de donner un gros coup vers le haut, on dit souvent que les malheureux au jeu sont heureux en amour.
Moi je suis malheureuse en amour, mais si vous saviez combien je suis heureuse en amitié ! C'est juste à peine croyable d'avoir un carnet d'adresses comme le mien. Vous croyez qu'ils le savent, eux, à quel point ils sont formidables ?

dimanche 8 mars 2009

Produis, consomme et tais-toi !

Quand on habite une petite ville hongroise à presque 2 000 kilomètres de sa maison, qu'on ne regarde pas tellement la télévision et qu'on ne lit plus, de fait, les quotidiens et hebdomadaires, on a l'impression de passer un peu à côté des nouvelles du Monde...



Si je me sens concernée et souvent choquée par la manière dont notre planète tourne, que ça me révolte, que des fois ça me donne même envie de crier, j'avoue que ça m'a fait du bien depuis septembre de ne pas être assommée par les pubs, par les annonces absurdes d'un gouvernement intéressé uniquement par les profits des patrons du CAC 40 et par le pouvoir d'achat au détriment de notre qualité de vie.
Bien sûr ici, je suis confrontée à l'actualité et aux blessures de mon pays d'accueil. La guerre ouverte entre Hongrois et Gitans... La montée du nationaliste et du nazisme, la pauvreté accentuée par la crise mondiale... On dit que les Hongrois sont un peuple triste et pessimiste, parfois je suis d'accord avec ce point de vue.

L'extrême droite égeroise profite de tous les événements "folkloriques" pour venir brandir leur drapeau couleur sang. Samedi dernier, ils manifestaient depuis leur rangers aux lacets blancs et leurs bombers où ils ont brodé l'ancienne carte hongroise et des slogans que je préfère ne pas comprendre. J'évite leur rassemblement comme la peste et j'ai du mal à déglutir quand je vois des élèves se scotcher ses cartes sur les vêtements.
Mais voilà parfois les faits divers vous rappellent l'existence de cette violence abjecte qui secoue les crétins. La semaine dernière, deux nazis sont allés brûler la maison d'une famille de gitans. Ils ont attendu que la famille sorte et une fois sortie, ils leur ont tiré dessus à l'aide de fusils. Tuant sur le coup, un petit garçon de 4 ans qui sortait de sa chambre en flammes.

Un de mes élèves m'a dit qu'effectivement c'était horrible, mais que les gitans aussi tuaient des enfants Hongrois...
Que voulez-vous répondre à ça ?

"Œil pour œil et le monde finira aveugle" disait Gandhi.

À moins qu'il ne le soit déjà...



vendredi 6 mars 2009

Dans la vallée de Someşul Mic...

Il y a quelques semaines, je suis allée en Roumanie avec deux potes. On a pris la caisse d'un, la bonne humeur de l'autre et hop, nous avons mis le cap sur la Transylvanie. Avant le Traité du Trianon (le traité qui fait pleurer le coeur de tous les Hongrois), la Transylvanie était Hongroise.

Cluj-Napoca

Autant dire, que c'est un endroit chéri par mes amis les Magyares et je dois dire que quand on traverse ce pays vallonné, on comprend vite pourquoi.
La Transylvanie, c'est beau. Alors, j'ai décidé d'y retourner quand il fera moins de neige et que les couleurs reviendront dans le paysage.

En attendant les photos plus colorées de mon futur voyage, voici quelques clichés de Cluj-Napoca au nord de la Roumanie. Troisième ville du pays et capitale de la principauté de Transylvanie. Nous nous y sommes arrêtés pour une nuit et surtout pour un concert dans un bar où tout le monde (y compris le personnel) parlait hongrois !
D'ailleurs, ils sont tellement frappés ces Hongrois, que moi, naïvement je croyais aller à Kolozsvár et ce n'est que sur place que j'ai appris que la ville s'appelait en fait Cluj-Napoca...
Bref, trêve de paroles, place aux images !




Les Nymphes guettent / Ferrari murale


Orange mécanique / Cinéma Victoria


Élément de réponse / D'un pas pressé


La neige transylvanienne / Coin de rue turquoise et reste de flocons



Mes amitiés,

Vlad.

jeudi 5 mars 2009

Próbálom elmagyarázni mindent...

La neige de Sirok

Il y a quelques semaines à une soirée percussions et autres engins sur lesquels on tape pour faire du son, j'ai croisé les yeux clairs d'un charmant Magyar. Mes potes et moi-même avons sympathisé et le voilà inviter à toutes nos soirées et nous aux siennes. La famille s'est donc agrandie, et ceci malgré le départ totalement déprimant d'Anna.
S'il y a bien quelque chose que j'aime dans la vie d'expat', ce sont les rencontres que l'on fait partout et en toute circonstance.
Ce n'était pas facile au début, c'était même un peu la déprime en novembre. Les liens ne se tissaient pas, les relations tenaient qu'entre francophones... mais une fois le pied à l'étrier de l'amitié, les copains se sont multipliés et les soirées aux quatre coins de la Hongrie aussi.
Il faut patienter en fait et accepter tout, même fatigués, même déprimés, accepter les invitations, proposer des verres, prendre des numéros de téléphone... Petit à petit l'armée se forme et on finit plutôt par avoir vraiment besoin de rester un soir chez soi pour cuver la palinka accumulée dans le sang pendant la semaine.
Je ne suis jamais autant sortie que ces derniers mois. Bien sûr le fait que la bière soit à 50 centimes a bien aidé mais pas que. Quand on est obligé d'aller vers les gens, quand on est forcés de parler, de communiquer, de sortir de ses préjugés, les choses deviennent plus faciles et la vie avec, beaucoup plus simple.

Open up, Open up comme dirait Nescafé !


lundi 2 mars 2009

Szeretem a magyarorszag-t

Un petit tour par la Roumanie et sa superbe transylvanie, une grosse buli pour fêter le départ d'Anna, des petits verres en sortant du taf qui finissent à 3h du mat et des soirées déguisées. En somme, 10 jours bien chargés dans le bassin des Carpathes.

Cette semaine, je dois choisir si je renouvèle mon contrat hongrois ou non. Ma réponse est écrite et sous enveloppe timbrée. Vous voulez savoir, n'est-ce pas? Ah ah ah. Et bien OUI, je reste encore un an côté Magyar. Encore un an pour perfectionner mon hongrois, torturer mes élèves et pour la palinka, le lécso, le paprika, le tejföl, les kakaos csiga, les rantot à gogo et les Füzélek en tout genre...

Et pour rester en Hongrie, une petite musique de circonstance:
Je vous présente Barabás Lőrinc Eklektric, un groupe hongrois que j'affectionne tout particulièrement.



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