dimanche 26 avril 2009

Prof: un métier parfois destabilisant

Je corrigeais les copies d'une de mes classes de terminale, tranquille et naïve quand soudain...
Je suis tombée sur le travail de deux petits tarés.
La consigne était simple: Écrivez en quelques lignes votre auto-portrait. Ce que vous aimez, ce que vous détestez... le truc ultra bateau parce que ce cours se déroule le lundi matin à 8h et que franchement bah c'est dur des fois le lundi matin ( et pas que pour eux ).
Bref je corrigeais les copies avec mon petit thé aux amandes quand sous la plume rouge de mon stylo, j'ai lu ça:

J'aime les chiennes mais je n'aime pas les pédés.
J'ai des chiennes mais je les déteste car elles sont grosses.


Merci les élèves...

mardi 21 avril 2009

Terrorhaza


Les Hongrois ont transformé l'ancien quartier général des nazis et des communistes à Budapest en un musée sur ces derniers. Très controversé à cause de son architecture grise qui détonne sur l'Andrassy utca, la maison de la terreur est pourtant un passage obligé lorsque l'on vient en Hongrie. Scénographie ultra étudiée, documents divers, parcours atypiques, ce musée étonne par son interactivité, par les moyens audiovisuelles employés autant que par son souci de modernité. Si parfois les images manquaient un peu d'explication, si la musique était souvent tonitruante, j'ai trouvé cet endroit particulièrement touchant et intelligemment tourné vers les jeunes générations. Notamment la dernière salle rendant hommage aux victimes, un pièce éclairée par des centaines de petites lumières.











dimanche 19 avril 2009

Storm is over now

Sur le chemin du retour en partant de Miskolc avec Pauline, on a crevé comme des malheureuses. La Twingo rouge a cédé et nous qui étions déjà super en retard pour la projection d'Entre les murs à la maison de la jeunesse, on est devenues vertes. De grands signes pour arrêter une voiture, un battement de cils pour qu'on nous aide à changer la roue et le week end pouvait enfin se finir, mettant ainsi un point final à la semaine la plus chaotique de mon séjour hongrois.


J'aurais bien aimé avoir une colloc ce soir. Pouvoir expirer ma semaine en partageant un thé. Ne pas entendre si fort le silence de la nuit se cogner contre les murs de cet énorme appartement. Pas que je me sente mélancolique, déprimée ou vide, juste qu'après le vacarme, l'attente devant la douche, les petits-dej au soleil, les draps froids sont beaucoup moins séduisants.


mardi 14 avril 2009

Se deus quiser !

La tradition hongroise veut qu'à Pâques, l'on arrose de parfum le cheveux des femmes. Mes copains ont trouvé marrant de faire ça avec de la bière mais je suis plus rapide qu'eux au jeu du chat et de la souris.

Ici on a sauté de l'hiver à l'été. Les tulipes ont poussé en 15 jours, les shorts ont remplacé les manteaux, et tout le monde lèche des glaces italiennes dans la rue. On commence à se faire à l'idée de se quitter bientôt et ça fout le bourdon quand on est tombés amoureux. En attendant on danse dans des boîtes oranges, on fait des feux, on boit du vin, on va jusqu'à organiser des pique-niques sur l'herbe. Minden rendben (tout va bien) comme on dit de ce côté du Danube.

Et puis vu que je suis d'assez bonne humeur en ce moment, je vous gratifie encore d'une petite vidéo où des gens sautent, dansent et rient en écoutant de la musique brésilienne, ça me donne envie de boire un petit mojito tiens !


lundi 13 avril 2009

Control yourself

We like to watch you laughing
Picking insects off of plants
No time to think of consequences



jeudi 9 avril 2009

Krakow

Cracovie a bonne réputation.

Avant de partir, je n'avais entendu que des " Oh Craco, tu vas voir c'est magnifique"."Tu vas à Cracovie, ooooh la chance!!"
Verdict ? Et bien, c'est vrai ! Cracovie est vraiment une très belle ville. La fièvreuse Vistula transcende les vieilles pierres, les petits bars ensoleillés fleurissent à tous les coins de rue, les gens sont beaux et sentent bon et cerise sur le platcek, une petite musique d'été circulait ce jour-là.
On a commencé par la forteresse, puis on s'est enfoncés dans la ville, une bataille d'oreillers avaient lieu sur la place principale, ça tombait bien.

Le marché couvert

Un immeuble rouge

Un panneau de rue et un lampadaire


Le château

lundi 6 avril 2009

Birkenau


Le camp d'extermination de Birkenau se situe à environ 3 kilomètres d'Auschwitz. Le camp s'étale sur plusieurs milliers de m2. Face à ça, je me suis vraiment demandée comment certaines personnes pouvaient réfuter l'existence des camps. Quand on voit à quel point tout ça était industrialisé, on a franchement honte d'être humain.
L'ambiance qui y régnait était très différente de celle de l'autre camp. Puisque le lieu est à ciel ouvert, séparé par les rails et qu'il s'étend sur des kilomètres, nous nous croisions moins, l'ambiance était moins lourde et pourtant ce qu'on y voyons était vraiment au-delà du descriptible.
Quand le camp était plein, il pouvait accueillir jusqu'à 90 000 prisonniers dans des conditions inacceptables. Un million de personnes innocentes sont mortes ici.




La visite était très dure. Pas tellement pour ce que j'y voyais du passé mais ce que je découvrais du présent.
Certains personnes se prenaient en photo devant les crématoriums en souriant comme s'ils posaient devant la Tour Eiffel... J'avais des haut-le-cœur. Dans les dortoirs, d'autres encore avaient lâché des inscriptions inutiles sur les murs. Là-même où certaines personnes avaient laissé leur vie dans la douleur et la solitude.
Quand je suis sortie du camp, le ventre noué, j'ai croisé une fille posant en jupe courte et talons aiguilles sur les rails devant l'entrée de Birkenau, ses cheveux blonds dans le vent.

Je suis partie. Nauséeuse.




Un cri de désespoir et un avertissement.

dimanche 5 avril 2009

Auschwitz


Hier, à 9 heures du matin, j'entrais dans ce qui fut le plus grand camp de concentration de la seconde guerre mondiale. Auschwitz, Pologne. 6 millions de personnes ont été tuées dans ces camps sous les ordres d'un homme. Et comme des moutons, des millions de personnes l'ont suivi. Marcher sur les cailloux d'Auschwitz-Birkenau se fut pour moi à la fois extrêmement dur et terriblement révoltant. Je ne sais pas si on sort indemne de ce genre d'épreuve. Je ne sais pas si on est capable de fermer les yeux de nouveau.


Aujourd'hui, les deux camps ont été transformé en musées. J'avais peur que cela soit devenu un lieu touristique obscène, j'ai découvert un lieu sobre, intelligent, rendant pudiquement hommage aux personnes qui sont mortes torturées dans ces lieux. C'était triste à en mourir. Mes élèves avaient le visage tellement fermé qu'on voyait leur machoire lutter contre les larmes.
J'avais envie de prendre quelques photos, pour les montrer peut-être un jour à mes enfants, pour vous en parler ici aussi. Je n'ai pas osé sortir mon gros canon, j'ai juste pris quelques clichés avec mon ixus. Parce qu'au fond, il nous faut témoigner, pour ne jamais oublier, pour que des personnes gerbantes comme Robert Faurisson, Le Pen ou Dieudonné cessent d'essayer de manipuler les gens, cesse de nous manquer de respect à tous.

J'avais tellement mal au cœur dans le block 11 (la prison où ils exécutaient les juifs après les avoir dépouillé, l'endroit où s'érige encore le mur de la mort) que j'ai dû sortir. Heureusement, que le soleil innondait le ciel, ça nous réchauffait un peu.

Alors voilà, des chaussures par milliers, des lunettes, des poupées, des vêtements, des châles, des cheveux... parce que oui, il y a eu un génocide. Et parce que oui, il faut en parler.





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