mardi 2 juin 2009

L'odeur du Magnolia frais sur les joues roses


Il ne faudrait pas croire que les choses s'effacent facilement. Qu'il nous suffit de claquer des doigts pour que les éclats de verre reviennent se coller amoureusement les uns contre les autres. Ce serait trop facile.
Je te regarde avancer et je vois le sang de tes talons sur chaque grain de sable.
Et je revois cette photo de Tiananmen, 20 ans plus tard.
Je me rappelle de ce qui a été oublié depuis.
Je revois ton sourire se dessiner sous les draps transparents.
Je me souviens que l'on n'a respecté aucune de nos promesses.
La peinture se glisse entre les poils du pinceau, la lumière se cogne contre les vitraux.
Chaque gorgée balaye un torrent d'aspérités.
J'ai appelé pour savoir si tu étais bien rentré du Brésil. Même si je ne t'aime pas. Même si tu me répugnes, j'ai eu peur que tu sois sur un de ces fauteuils perdus dans l'Atlantique.
J'ai du mal à prendre ce billet d'avion.
J'aimerais que tu me sers un peu plus fort dans tes bras quand nos chemins se séparent.
Le soleil creuse des sillons dans les nuages gorgés de larmes.
Et quelques rayons sourient sur les toits des maisons.

Sais-tu au moins que je pense à toi?

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