lundi 6 juillet 2009

Je ne t'aime plus, mon amour.

Alors que je me promenais seule dans Paris, sous le soleil grisé par la pollution, du Janis dans les oreilles, et des spartiates aux pieds. Je me suis rendue compte que j'éprouvais un sentiment contradictoire pour la ville qui m'a vue naître... Quelque chose que je n'aurais jamais pu imaginer. Alors que tu es l'amour de ma vie, Paris, je ne t'ai plus aimée, cette après-midi.




J'aime Paris, ses trottoirs fins et gris, ses immeubles pierre de taille, son histoire, ses cafés, au coin des rues, ses cinémas climatisés, son effervescence aux heures de pointe, son métro cosmopolite, ses quartiers hétéroclites, sa beauté sans âge...
Paris, j'y suis née, j'y ai grandi, je l'ai aimée sans condition. Admirée si intensément quand depuis un pont, je voyais le soleil se fondre sur la Seine et la faire rougir sans mesure. Je refusais qu'on en dise du mal, je n'aurais jamais cru un jour la désapprouver.

Mais voilà aujourd'hui, Paris m'a asphyxiée. Ses habitants tout droit sortis des Inrocks: Ray ban rouges, chemise à rayures légèrement ouverte et Veja de rigueur... Ses prix démesurés, ses policiers inutiles, sa bourgeoisie d'apparence... J'ai eu l'impression qu'elle était en vitrine de la rue de Poitou, copie conforme de ce que les rédactrices blondes de ELLE décrivent avec complaisance dans leur colonne. Une ville qui se regardait au lieu d'avancer. Non, elle n'était plus la ville de la mode, du style et de la création mais la ville où tout le monde se matait pour se ressembler. Une ville peuplée de blogueuses qui bloguent toute la journée les mêmes marques, les mêmes couleurs, les mêmes styles qu'elles croient être "vraiment parisien pur souche".
Aujourd'hui, quand j'ai regardé autour de moi, j'ai vu Paris comme je ne l'aime pas. Et l'espace d'un instant, elle est devenue cette jeune femme maigre et pâle qui s'habille chez Sandro, se lisse ses longs cheveux et sort boire des cocktails fushia au Quatre éléments avec ses copains graphistes. Cette fille qui bosse dans la com', se sent vraiment hyper concernée par la biodiversité et va chez H&M acheter du made in Bangladesh.

Demain, je suis sûre que l'amour reviendra mais s'il te plaît, ne deviens pas cette petite robe en mousseline rose perle sans épine et sans parfum comme disait Alfred de Musset.

3 commentaires:

L'inconnu a dit…

Il y a sans doute beaucoup de façon d'aimer ou détester Paris.
Pour le positif c'est sûr que la ville est très belle, et sur le négatif ce que tu as vu aujourd'hui se rapproche; quoique très en deça, de ce qui forge mon opinion de cette ville. (ps: c'est pas toujours un blog de fille ;) )

Julien a dit…

Merci Elsa. Ca me rappelle exactement le sentiment que j'en avais eu il y a quelques annees de ca et je me souviens avoir recu une tape sur les doigts pour l'avoir exprime a une nana un peu exuberante, etudiante en lettres qui habitait dans le 14eme.

Les sentiments vont et viennent, changer de geographie c'est aussi changer la carte de ton imagination - bienvenue dans la danse.

Elsa a dit…

@ l'inconnu: non pas toujours un blog de fille :p

@julie: Et oui Julien :) mais je te rassure je mors encore quand on dit du mal d'elle ;) on ne se refait pas !

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