mercredi 5 août 2009

Sabe-se la

Vers Lucerne, la pluie sur la vitre du train


Quoi qu'il en soit , mieux valait ne pas être né,
parce que, toute intéressante qu'elle est à chaque instant,
la vie finit par faire mal, par donner la nausée, par blesser, par frotter, par craquer,
par donner envie de pousser des cris, de bondir, de rester à terre, de sortir,
de toutes les maisons, de toutes les logiques et de tous les balcons,
de bondir sauvagement vers la mort parmi les arbres et les oublis,
parmi culbutes, périls et absence de lendemain,
et tout cela aurait dû être quelque chose d'autre, plus semblable à ce que je pense,
avec ce que je pense ou éprouve, sans que je sache même quoi, ô vie.

Fernando Pessoa


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