mardi 27 juillet 2010

Chien au chenil aboie à ses puces, Chien qui chasse ne les sent pas.*

Aujourd'hui, sujet qui fâche. Puisqu'il est difficile, voire impossible, de parler des roms avec les Hongrois. Parce que ce sujet devient de plus en plus d'actualités en France aussi, je vais vous montrer une petite vidéo. Vous ne comprendrez pas plus que moi de quoi les protagonistes parlent. Je ne sais qu'une seule chose, tous les deux sont gitans et un des deux est homosexuel. Peu importe le discours, regardez plutôt.



Maintenant que vous avez vu cet extrait de talk show hongrois, outre le ridicule de la chose, vous conviendrez avec moi que ces deux gitans ont l'air vraiment de sortir d'une mauvaise blague. Imaginez donc que les Hongrois accros au petit écran regardent cette émission dont l'unique but est de mettre en scène des roms un peu fous pour les ridiculiser, pour les stéréotyper et pour les faire détester encore plus qu'ils ne le sont déjà.
Voilà comment la propagande s'apprivoise les cerveaux noyés dans les bulles de coca et le poulet KFC. Débranchez tout, lisez le journal de Mickey.


* proverbe chinois

lundi 26 juillet 2010

remplir pour vider, vider pour remplir ?

L'autre soir Gy et moi affalés sur notre nouveau lit au milieu de murs blancs trop propres, nous faisions nos commères. En gros, on regardait notre colloc se battre avec son trop plein d'affaires et là, mon cher et tendre, a dit la chose la plus incroyable jamais entendue par mes oreilles...

Pourquoi acheter des choses qu'on va jeter un jour ?

Mais comment ?!? Tu ne ressens pas le besoin d'avoir plus que 7 paires de chaussettes ? Non, m'assure-t-il d'un ton neutre. Je regarde alors autour de moi et effectivement, le cher et tendre n'a guère plus que quelques fringues et un ordi que j'utilise dès qu'il tourne le dos.

Je repense à mon appart parisien, à ses lampes aux quatre coins, aux centaines de bouquins, aux bougies parcemées, aux fringues jetées partout... je pense à celui d'Eger avec les magazines ELLE sur le canapé, aux flyers collés sur le mur des toilettes, aux petites tasses dans lesquelles je bois mon thé vert... et je me dis: mais merde, je suis ce que je possède !

Je déteste ce nouvel appart parce que je n'ai rien encore pour le rendre un peu plus comme moi. Bordélique. J'attends la suite de mes affaires, mes guirlandes électriques, mes tapis, mes posters. J'en trépigne.
Après avoir vu Into the Wild il y a deux ans, j'avais (pendant deux jours) remis en question ce besoin matérialiste, mais au fond dans ma vision de choses, les choses sont un peu différentes . Acheter est un plaisir( pour moi) un peu comme celui que Gy prend à tirer sur une cigarette !

Le compte est bon !

dimanche 25 juillet 2010

It's going to hurt when it heals too

Je vous écris d'un PC avec un clavier qwertz. Inutile de vous dire combien la chose m'est douloureuse. Il y a bien des choses qu'on aimerait ne jamais avoir faites. Comme faire glisser des grosses gouttes de lait sur son clavier. Comme choisir de lire les informations sur son ordinateur en prenant son petit déjeuner.
On sait bien qu'il ne faut pas le faire, que c'est ainsi que les accidents arrivent mais on ne se résout pas à faire passer le confort après la sécurité. L'imbécilité l'emporte toujours.
Les larmes aussi chaudes et salées soient-elles n'effaceront rien.

Mais grâce à french.typeit.org je ne suis pas obligée de renoncer aux accents, qui sont je dois l'avouer, comme un toc. Mes collègues se fichent d'eux mais leur absence m'agresse.
Heureusement qu'il y a internet pour soulager mes tocs.

Quelques euros et trois semaines plus tard, en étant très optimiste, je retrouverai mon macbook... et le premier qui m'approche avec un verre aura une grosse gifle.

jeudi 22 juillet 2010

Certains sont fous, d'autres font seulement semblant d'être sains d'esprit


La vidéo de l'été




Un cadeau de mon pote Balint. Merci Balint, maintenant j'ai cette chanson tout le temps dans la tête.

mercredi 21 juillet 2010

Le métro de Budapest à 7h et aussi moite que le parisien à la même heure

Je n'avais pas envie de partir. Dans l'aéroport, mes valises étaient bien trop lourdes. J'aurais voulu mettre ma maison dans ma valise, mes amis dans ma valise, l'odeur de la baguette et le goût salé du chèvre cendré dedans.
Je n'aime pas ne pas comprendre. J'aime entrer dans les librairies et feuilleter des romans avant d'en choisir un à tendre à la caissière. J'aime lire les UNES des journées en passant devant les kiosques. Je n'aime pas devoir demander à Gy de venir avec moi chez l'opticien, je n'aime pas devoir demander un médecin qui parle anglais.
J'aime l'inconnu. J'aime le changement. J'aime les expériences et j'aime bien partager notre appart blanc avec mes deux collocs.

Règle numéro 1: on ne touche PAS à ma nouvelle crème anti-rides. Oui, il faut commencer avant 30 ans.

Question numéro 2: C'est quoi ce tee-shirt qui pue dans le lit ?

Objection numéro 3: On ne chante pas en écoutant son ipod car généralement on chante en moyenne quinze fois plus mal sans s'entendre.



mardi 13 juillet 2010

Paul le Poulpe avait raison

Dimanche sur les quais du canal de l'Ourcq, nous étions 4 à profiter du soleil et de ses vertus.
Après avoir éclaté les garçons à la pétanque, regardé les dauphins à la Géode et mangé un granité à l'orange, nous sommes allés regarder le match de foot au Cabaret Sauvage. Un cirque pour regarder le foot, quoi de plus sensé ? Toujours est-il que convaincue que Paul le Poulpe avait raison, ibérique jusqu'au bout des ongles et hautement agacée par le comportement hollandais, j'étais RAVIE que les Espagnols gagnent.



... et ceci même si l'Espagnol de 2mètres, 100 kilos devant moi, levait les bras à chaque fois que la Roja avait la balle. (c'est à dire: souvent)


jeudi 8 juillet 2010

Mettre de l'eau dans son vin

J'adore l'eau pétillante le matin. Plus elle est froide plus j'aime. Les bulles éclatent sur ma langue comme des petits feux d'artifice anesthésiants. Y a un tas de trucs que j'aime, et cette multitude de détails rendent la vie plus belle.

Avant, quand je ne mesurais que quelques centimètres je me disais qu'il n'y avait pas de raison de ne pas avoir ce dont on avait envie. Je devais avoir été Américaine dans une vie précédente parce que vraisemblablement ce n'est pas mon éducation qui m'a fourré ça dans la tête. Toujours est-il que je passe tellement de temps à mettre de l'eau dans mon vin, à prendre du mascara Bourgeois alors que je veux du Givenchy, accepter un boulot nul pour rester à Budapest, que parfois j'ai des crises. Gy les appelle "mes crises de Princesse". Une sorte d'obstination frénétique sur un truc très con.

Comme m'obliger à faire l'intégralité de mon trajet à vélo alors qu'il fait 35°C, que l'indice de pollution est à son top et que le chemin se finit par une côte immonde.
Comme ne pas avoir d'eau chaude, et passer 1 heure à remplir des casseroles pour me faire un bain chaud.
Comme ne pas aller me coucher avant d'avoir fini un article, l'avoir relu et changé de place chaque virgule.
Comme attendre le bus pendant une heure sous prétexte que ce serait quand même con d'avoir attendu pour rien.

Parce que parfois on a tellement l'impression qu'on ne contrôle rien que c'est juste bon d'aller au bout de son caprice, même s'il est inutile.


lundi 5 juillet 2010

Un litre de café ne suffirait pas

Pour le numéro 6 de cet hiver, la semaine dernière j'ai interviewé un grand styliste belge. Mon cœur faisait boom boom en rythme avec les signaux de sécurité du Boing. Arrivée à Paris, Je me lance sur le quai de la ligne 4. Je sors tremblotante d'excitation ma trousse de maquillage retirée précipitamment de ma valise. Le trait d'eye Liner coule entre les cils. Le métro s'arrête brusquement- heureusement que j'en étais au gloss-. Je sens mon sang tambouriner dans mes veines. J'entre dans un Paris chaud et moite. Je traverse l'hôtel de ville en faisant claquer mes sandales sur le bitume. Je repense ma queue de cheval en un espèce de chignon lâche qui laisse certaines mèches s'enrouler autour des branches de mes solaires. Mon téléphone sonne. J'avale d'un trait un café noir accoudée au zinc d'un bistrot. Je pousse la porte et je le croise, son flegme flamand et sa simplicité masculine. Mon stylo noir entre les doigts, j'en oublie presque les ficelles du métier.

Une semaine plus tard, attablée devant mon macbook, je planche sur ce qui doit être écrit et être gardé dans mes souvenirs. J'ai envie de dormir enfoncée dans un hamac.


10H30. Déballage de l'interview.
Que j'écris mal putain. C'est quoi ça un E ou un F ? Rivage ? Visage ?

14H42 Écriture et mise en place de l'interview.
Une tasse de café plus tard, j'ai écrit quelques signes.

samedi 3 juillet 2010

Les pages ont jauni, le papier se déchire, il y a du scotch sur la reliure et quelques grains de sable y sont cachés

Ma boulimie estivale de lecture est née lorsque j'avais 12 ans. Ma prof de français nous avait donné une liste avec des bouquins. Un conseil de lecture selon les genres. Policier, aventures, psychologique... On était supposé en choisir un et faire une fiche de lecture à présenter à la classe à la rentrée en septembre. J'avais choisi Le mystère de la chambre jaune, que j'avais dévoré.
Chaque été suivant je reprenais la liste et choisissais des livres à mettre dans ma valise. Aucun problème quand nous prenions la Mercedes bleu clair mais quand on a commencé à prendre l'avion tout de suite mes 5kg de Folio commençaient à devenir un peu encombrants.
C'était mon choix, je préférais prendre 5 livres que trois robes.
Le premier livre que j'ai littéralement avalé s'intitulait Les Raisins de la colère. John Steinbeck a été ma première révélation littéraire. J'ai ri et j'ai pleuré sur la plage, sans même plus avoir la sensation d'être au Portugal.
Voilà ce qui est merveilleux avec la littérature, le cinéma ou la musique. C'est un voyage qu'on organiserait jamais et qui pourtant nous ressemble. On trouve toujours au fond d'une chanson ou d'une page quelques ressemblances avec nos états d'âme, nos goûts ou nos rêves.

Et pourtant on donne toujours plus d'argent pour les armes que pour la culture. Allez savoir ce qui dirige les hommes, l'imbécilité ou la barbarie ?

vendredi 2 juillet 2010

Au sommet de la colline, il ne reste plus que moi et la pierre que je pousse indéfiniment


Certaines choses heureusement ne changent pas. L'odeur des croissants qu'on se refuse de manger, la difficulté à se réveiller quand quelques heures plus tôt on ne trouvait pas le sommeil, le bonheur de s'allonger dans l'herbe fraîche quand il fait 35°C. Et il y a les choses qui ne changeront jamais parce qu'on l'espère, parce qu'on lutte pour qu'elles subsistent.

Avec les années, on remarque que le bonheur est une équation très simple, mais qu'on griffonne sans cesse pour qu'elle corresponde vraiment à ce qu'on attend du résultat de l'opération.
Chercher l'inconnu alors qu'on a le résultat. Tester, essayer et recommencer à compter.

Et puis justement avec ces années supposées être une lumière sur nos doutes et nos envies, sur nos questions compliquées et simples, on remarque qu'au final on est encore plus paumé à propos de cette équation. On regarde la copie du voisin, il se démerde bien visiblement. Vous, vous gommez, vous cherchez, vous regardez l'heure tournée. Vous cherchez encore la réponse alors que sûrement, comme vos voisins de table, elle est juste devant vous sans que vous ne le sachiez.
Mais voilà, on cherche, on fait des petits changements, des variations pour que tout colle bien.
Parfois, sur cette page blanche, il ne reste à la fin du temps écoulé que des doutes sur ses choix, que des questions sur ses décisions.
Mais comme disait Albert Camus "La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d'homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux."


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