mardi 19 juillet 2011

Inside made of stone

Le reflet sur le miroir est perplexe. Il lève un sourcil puis l'autre et ne sent plus son cœur battre. Il se demande comment on peut l'aimer encore alors qu'à l'intérieur tout a été terrassé par la peur de l'autre et de la peine. Un effroi sans fond rempli des larmes de sang qui coulent quand on sépare les corps.
Le reflet aimerait bien se poser des questions, comprendre les réponses, toucher autre chose qu'une ombre mal dessinée. Il aimerait bien se laisser aimer mais il reste coincé, le front perlé de sueur à force d'essayer vainement, à force de se coller le nez contre la vitre sans jamais voir au-delà de lui-même.
Le reflet a perdu la guerre. Il ramasse ses armes, découvre l'énergie dégoulinant de chacune d'elles et espère guérir vite.




Le plus vite.

3 commentaires:

G. a dit…

Ca pique un peu mais c'est tellement juste !

Ju a dit…

Le reflet dans le miroir est innocent. L'ennemi, c'est le miroir. A lui, on peut tourner le dos. Alors, pas de quartiers.

On a le passif de nos regrets, de nos brisures. De nos douleurs dont on croit naïvement qu'elles étaient évitables.

Dans le meilleur des mondes, cela devrait nous permettre de mieux faire table rase, de s'être enfin façonné une bulle-blindage anti-déception. Ce gouffre de sang et de larmes est une construction de l'esprit, ce qui ne le rend en rien moins terrifiant — car la seule pensée, la seule peur d'y tomber nous fait perdre l'equilibre. Ce gouffre se nourrit de lui-même, mais il n'est toutefois pas sans fond.

Se forcer, c'est faire le jeu de l'urgence alors que le plaisir ne se proclame pas. Comme se faire restaurant tout seul et sans avoir faim. Trop attendre, c'est le risque d'un blocage qui s'insinue. On s'habitue au gouffre mais comme toute accoutumance: c'est quand on touche le fond que ça ne peut que remonter. Il est hors de question de s'éterniser, tout n'est qu'une question de timing. Petit à petit à petit.

Si tu étais a New-York en juillet, on serait sur la High Line, dans la nuit étouffante, a rire des filles qui se la jouent et des garçons qui tournent autour. On emprunterait le télescope d'un inconnu pour entrevoir Saturne et on se demanderait comment avoir peur a nouveau.

"So when are you gonna find what it is?
When are you gonna feel the need to resist?
When are you gonna fear the world?
Are you gonna be here when I return?"


- Amos the Transparent, After all that it's come to this.

E a dit…

Oh oui allons sur la High Line, je ne l'ai pas faite quand je suis allée à NYC.

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