lundi 24 octobre 2011

et cette sensation de déjà-vu



Je suis rentrée chez moi, j'ai tourné la clef dans la serrure, éteins la musique qui criait dans mes oreilles, retiré mes baskets et puis j'ai réalisé de manière à la fois violente et extrêmement douce que j'étais seule, que personne ne m'attendait. Je me suis extraite de mon manteau, j'ai allumé la lumière, fais chauffer de l'eau pour mon thé. Et j'ai regardé par la fenêtre les voitures aller et venir dans la rue. Les gens courir, les gens se tenir la main, les gens parler, les gens rire.
Ce sont des petits moments de lucidité qui vous sautent à la gorge, comme quand une larme vous nettoie l’œil et que tout d'un coup, l'espace d'un battement de cils vous voyez plus nettement la réalité qui vous entoure.
On se dit que quand même à trente ans, on n'avait pas espéré autant de liberté. On avait espéré qu'à trente ans certaines peurs auraient disparu. Mais voilà, personne ne ramasse vos chaussettes à votre place, vous ne faites à manger que pour votre seul estomac et le temps glisse entre vos doigts. C'est peut-être parce que vous écoutez votre voisine jouer au piano pendant que l'eau bout. Parce que vous voyez le liquide s'échapper en douce, presque invisible. Ce n'est pas vraiment une question qui se pose tout le temps, au contraire vous vous étonnez qu'elle ne soit pas si tenace. Le spot de la pharmacie au bout de la rue vous hypnotise, l'heure tourne.
La musique s'arrête.

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